Le Gouvernement et le CSA n’ecoutent pas les sourds !

Posté le 26 novembre 2006

Les dernières recommandations du CSA à l’ensemble des services de télévision et de radio en vue de l’élection présidentielle indiquent que les chaines de télés hertzienne « veillent à favoriser l’accès (par sous-titrage et/ou langue des signes) des personnes sourdes ou malentendantes aux principaux programmes consacrés à l’actualité électorale diffusés aux heures de grande écoute. »

Les camarades sourds socialistes solliciteront les députés socialistes afin d’interpeller le gouvernement sur garantie d’accessibilité des campagnes electorales à la télévision, tant que par le biais du sous-titrage que par l’interprétariat en LSF. Cela doit être une obligation et non pas une simple attention !

C’est un impératif républicain, pour tout citoyen sourd d’avoir accès aux débats afin d’exercer son droit de vote et son devoir de citoyen en toute connaissance de cause.

Nous devons avoir une accessibilité entière de la campagne électorale, pas seulement aux heures de grande écoute ou encore lors des « clips » électorales, mais également aux échanges entre candidats politiques et à la totalité des journaux d’informations. Ne laissons pas le libre arbitre aux chaines de décider pour nous ce qui doit être accessible et quand !

Nous solliciterons notre parti pour que l’obligation d’accessibilité totale télévisuelle des campagnes électorales soit inscrite dans la loi du 11 février 2005.

Les sourds et malentendants socialistes

Creation du collectif des sourds socialistes

Posté le 26 octobre 2006

Bonjour à tous,

Les sourds et malentendants socialistes sont isolés au sein de leur section, la communication est difficile. C’est pourquoi, nous souhaitons se regrouper et militer ensemble afin de faire entendre notre voix au sein du Parti Socialiste et porter le projet socialiste.

Enfin, nous souhaitons également montrer que les sourds ont leur place dans la politique.

N’hésitez pas à nous contacter.

Amitiés socialistes,

Les sourds socialistes,

Les sourds exclus des débats politiques ?

Posté le 12 juillet 2006

Durant leur séjour à Paris à l’occasion du Festival du Silence, les enfants de l’association réunionnaise RESO ont pu visiter le Sénat et l’Assemblée Nationale. Si le fonctionnement institutionnel leur est apparu complexe, ils ont été marqués par la beauté des lieux, fiers de pouvoir accéder aux hémicycles où se discutent et se votent les lois. C’est l’occasion de rappeler que par manque d’information, les sourds sont mis à l’écart de la vie politique, exclus des débats, inégaux dans l’exercice de leur citoyenneté.

Selon le dernier recensement officiel, La Réunion compterait 6.000 sourds, à multiplier par deux si l’on considère tous ceux qui ne se déclarent pas. Mais que représentent 12.000 sourds sur une population de 780.000 habitants ? Une minorité. Et c’est la loi du nombre qui semble expliquer l’important retard en matière d’accessibilité aux services publics, d’intégration des sourds dans notre société.

« Il faut une vraie volonté politique »

S’agissant du handicap, les retards structurels à La Réunion sont énormes. Un plan d’accessibilité pour accélérer la mise en œuvre des mesures de rattrapage a bien été signé entre le Conseil général et le Ministère, la première pierre de la Maison des autistes posée à la Plaine des Palmistes, mais les choses évoluent lentement.
Mêmes victimes de ce que l’on pourrait qualifier de discriminations, les personnes handicapées dans leur ensemble n’ont pas une nature revendicative. Elles aimeraient pourtant ne pas être oubliées si souvent. « C’est à chaque fois pareil, explique Brigitte Hoarau, présidente de l’association. Il faut toujours se battre pour obtenir des résultats ponctuels. Se battre pour faire entendre la voix des sourds. Une information quotidienne traduite en langue serait un minimum, mais cela n’est pas la priorité des chaînes de télévision. »
Loi du nombre, considérations budgétaires… hormis la retranscription des questions parlementaires en langue des signes, les sourds sont exclus de la vie politique. « Il faut une vraie volonté politique pour faire avancer les choses, » soutient Brigitte Hoarau forcée de constater que les chaînes ne sont pas réceptives à la demande. Pour 5 à 10 minutes de journal quotidien en langues des signes, RFO lui a opposé la question du coût, avançant une note de 250.000 euros par an rien que pour la traduction et 317.000 euros par an avec le sous-titrage. « Il faut voter une loi sur l’accessibilité de l’information au quotidien. Il faut qu’au moment des élections, des interprètes puissent être présents lors des débats. Les sourds ont besoin d’accéder à l’information politique et à tous les niveaux. »

« Le passage à l’action ne vient pas »

C’est une question majeure qu’il convient de soulever au plus haut niveau pour que la République considère les sourds comme des citoyens à part entière. Soulignant que c’était la première fois que le Sénat accueillait un public sourd, la sénatrice réunionnaise Anne-Marie Payet, qui a ouvert les portes du palais de Marie de Médicis aux enfants, a relevé que le film diffusé en préambule aux visiteurs pour présenter l’institution n’était pas traduit en langue des signes. Une lacune qui méritait ce jour-là, face aux enfants sourds, d’être palliée.
De son côté, le député Bertho Audifax, hôte du petit groupe à l’Assemblée Nationale, accorde volontiers que cette mise à l’écart des sourds de la vie politique ne lui était pas apparue avant sa confrontation avec les enfants. « Se rendre compte du handicap fait parfois avancer les choses », concède le député qui à la fin de la visite réfléchissait déjà à un amendement portant sur l’accessibilité à l’information des sourds.
« Tout le monde semble d’accord, explique Brigitte Hoarau, mais le passage à l’action ne vient pas. Les sourds représentent une minorité. » À part France 2 et son flash d’info quotidien de seulement trois minutes en début d’après-midi, aucun journal national ne s’investit dans cette mission de service public. « On nous répond que les sourds ont la presse écrite pour accéder à l’information, mais cela n’est pas du tout la même chose », insiste Brigitte, rappelant que beaucoup n’ont pas la maîtrise du français écrit. La langue des sourds est reconnue, mais pas suffisamment enseignée, c’est une option facultative qui manque de formateurs et de professeurs.

Oubliés pendant l’épidémie

Durant un an, les déficients auditifs de La Réunion ont été complètement oubliés sur la question du chikungunya. Aucune information sur l’ampleur et l’évolution de l’épidémie, sur les consignes préventives… « Questions de priorité ou de budget, il faut taper du poing sur la table pour être entendus et reconnus », rappelle la présidente du RESO qui milite mais reconnaît que cela demande énormément de persévérance et d’énergie.
À la fin de la visite de l’Assemblée Nationale, sur le perron du palais, interpellé sur cette question de l’accessibilité à l’information politique par Joëlle Malet, déficiente auditive de 15 ans, Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée Nationale, est au pied du mur. « Je pense que tu as raison. Comme il y a ici tous nos débats, il doit y avoir à la télévision française un journal quotidien. Je vais écrire au responsable de la télé pour lui dire. » Peut-être cette voix portera-t-elle plus loin, mais lorsque l’on constate que, hormis RFO, aucune chaîne nationale n’a couvert ni même évoqué une seule fois le Festival du Silence, pourtant rencontre de dimension internationale qui réunit des artistes danseurs et chanteurs signeurs sourds professionnels du monde entier, on se dit que le chemin est vraiment encore très long.

Stéphanie Longeras

Réactions :

o Marie Lisiane Fontaine, maman de Brice, 16 ans, entendant et de Lionel, 13 ans, déficient auditif

Les sourds « sont mis à l’écart »

Si elle trouve formidable que le Sénat et l’Assemblée Nationale ouvrent leurs portes aux sourds, Marie Lisiane regrette en revanche qu’ils soient écartés de la vie politique. « Au moment des élections, les débats publics ne sont pas retranscrits en langue des signes. Pour voter, on dit aux personnes handicapées de se faire accompagner ou de voter par procuration, mais ils n’ont pas la possibilité de s’intégrer au débat. Ils en sont mis à l’écart et suivent bien souvent les consignes de leurs familles pour faire leur choix. »

o Christine Corré, maman de Loïc et Océane, 12 ans et 5 ans, déficients auditifs

 » L’égalité, ça n’existe pas « 

Ce que Christine veut avant tout retenir de ce voyage, de cette visite au cœur des institutions de la République, c’est cette opportunité pour les enfants de s’ouvrir sur le monde. « Ça les encourage à aller plus loin, à voir autre chose, à dépasser leur crainte et leur timidité. » Mais la question de fond de l’accessibilité à l’information reste entière. « Il est très difficile pour les sourds d’accéder à l’information politique. Il faudrait peut-être des élus sourds pour franchir une autre étape ? Mais que ce soit à l’école et dans le système en général, pour communiquer, il faut à chaque fois se bagarrer, en tant que parents mais aussi en tant qu’enfants. Ils doivent toujours se battre. Pour les intégrer dans des activités lors des vacances, pour le travail, et l’école n’en parlons pas, on se bagarre toujours pour trouver à chaque fois une solution. L’égalité, ça n’existe pas. »

Source : http://www.temoignages.re/les-sourds-exclus-des-debats,16167.html

Une candidature de renouvellement au PS (département 67)

Posté le 26 mai 2006

En faisant acte de candidature à l’investiture PS à l’élection législative de la circonscription 2, Marc Philibert et Albert Tabaot (sourd) prétendent « renouveler le personnel politique ». « Il faut de nouveaux militants, de nouveaux acteurs », explique M. Philibert, qui, après être passé par le courant NPS, a suivi au plan national Arnaud Montebourg (« Rénover maintenant »).
Marc Philibert, directeur de TARES (centre socioculturel de l’Esplanade), s’associe donc à Albert Tabaot (sourd), professeur de langue des signes, lui-même malentendant. Tous deux ont, à des moments différents, milité dans le cadre de la section Meinau. Ils veulent porter la voix de ces gens « qui subissent la société, mais ne peuvent participer au débat ».
Leurs aspirations sont celles du courant « Rénover maintenant » : opposition formelle au cumul des mandats, avènement d’une « sixième République », discours anti-libéral qui les fait regarder plus vers l’extrême gauche que vers le centre-droit… En cela, ils s’estiment différents du duo fabiusien Freani-Bonnot et du ticket Bies-Ajbali soutenu par Henri Dreyfus (DNA du 13 mai), qui concourent eux aussi pour l’investiture. En particulier sur le rejet par M. Bies de la candidature verte de Yann Wehrling, que M. Philibert qualifie de « droit du sol politique ». Quant à la nécessité d’un candidat «: implanté » dans sa circonscription, le candidat montebourgeois note qu’elle n’a pas été appliquée dans la 1re circonscription, dont Serge Oehler a été évincé.

Source : Dernières Nouvelles d’Alsace © – 26/05/2006 à Alsace (France)




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