Posté le 24 avril 2013
Massy, école Roux-Tenon, hier. Une classe primaire en langue des signes est en place depuis cinq ans à Massy. Le président PS du conseil général, Jérôme Guedj (à droite), espère étendre le dispositif au collège Gérard-Philipe à la rentrée 2014 (LP/F.M.)
Article de Florence Méréo publié dans les « pages Essonne » du Parisien, vendredi 12 avril.
Ils sont en CE1, CE2 ou CM 1 pour les plus grands. Dans quelques années, ils iront étudier au collège. Oui, mais dans quel établissement? Car pour ces douze enfants sourds scolarisés à l’école Roux-Tenon de Massy, il n’existe pas de solution après la primaire. « Nous voulons vous dire notre inquiétude parce qu’en septembre 2014, nous irons au collège, en 6e. Mais il n’y a pas encore de collège prêt à nous accueillir. Nous voulons rester avec nos camarades entendants, nous voulons grandir avec eux ». Ce souhait qu’il lui avait écrit il y a quelques semaines, le petit Enzo l’a reformulé hier au président (PS) du conseil général, Jérôme Guedj.
La ministre sensibilisée
L’élu est venu rendre visite à Enzo et ses camarades pour faire le bilan de cette classe novatrice en Essonne. Depuis cinq ans, sous l’impulsion de l’association « Les yeux pour entendre », de la ville et du conseil général, une classe bilingue — langue des signes française (LSF)/français écrit — a été créée et les cours assurés par une enseignante sourde signante (qui s’exprime en langue de signes). « Certains suivent quelques cours, comme les mathématiques avec les élèves entendants et tous vont au sport ou à la cantine avec eux », décrypte celle-ci. « Maintenant, on se connaît bien, raconte un petit garçon. On a dit aux entendants comment ils doivent faire pour nous interpeller. Il faut qu’ils nous touchent l’épaule ».
Une visite qui marquait surtout le « début de l’opération de lobbying » du président du département pour la création d’un collège bilingue à la rentrée 2014. « On doit être prêt afin de donner toute leur chance à ses enfants sourds. Pour cela, il va falloir être imaginatif », explique celui qui est par ailleurs coprésident à l’assemblée nationale du groupe d’étude sur la LSF. Imaginatif, il n’existe en France qu’une poignée de classe de collège de ce type. Noisiel (Seine-et-Marne), Poitiers (Vienne) et Toulouse (Haute-Garonne) en possèdent une.
La classe pour les collégiens sourds naîtrait au collège Gérard-Philipe. « C’est l’établissement le plus proche de Roux-Tenon et nous l’avons rendu accessible aux sourds il y a quelques années. Il y a par exemple des flashs lumineux en guise de sonnerie », explique Jérôme Guedj. « Nous ne voulons pas que ça rentre dans le champ médico-social, prévient David Beddock, de l’association des parents d’enfants sourds, car on connaît les limites. Certains ne pourront pas y accéder parce que pas assez sourds. Les programmes ne sont pas les mêmes et les cours entrecoupés de soins. Nous, nous ne voulons pas être dans la réparation, mais dans la citoyenneté. Le temps scolaire, c’est le temps scolaire ».
Une réunion avec l’inspection d’académie est prévue en juin et la ministre de la Réussite éducative, George Pau-Langevin, a prévu de visiter la classe de Roux-Tenon. Elle a indiqué dans un courrier à Jérôme Guedj qu’elle allait « voir ce qu’il est possible de faire pour assurer une poursuite de la scolarité dans des conditions satisfaisantes pour ces enfants ».
Posté le 24 avril 2013

Un nouveau conseiller accessibilité et éducation pour MA Carlotti au ministère dédié aux personnes handicapées. C’est Jérémy Boroy qui a été choisi. Lui-même déficient auditif, il mesure pleinement l’enjeu d’une cité accessible…
Visiblement Jérémy Boroy a bien fait « campagne ». En effet, en 2012, à l’occasion de la campagne présidentielle, il avait monté une vaste opération pour réclamer des meetings politiques accessibles, proposant un panel de services et d’outils pour permettre à tous de prendre part à la « chose publique ». Son engagement semble avoir été entendu par la classe politique puisqu’il vient d’être recruté par Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion. Depuis le 14 avril 2013, il occupe donc le poste de conseiller « accessibilité et éducation ».
Cet ancien élève de Sciences-Po Paris était, depuis 2011, le délégué général de l’association Aditus qui a pour objet la promotion, la conception et le développement d’outils et de modèles d’accessibilité visant à réduire ou supprimer des situations de handicap rencontrées par les publics de personnes sourdes ou malentendantes. Il était aussi, depuis 2012, le responsable « accessibilité et handicap » de Sciences-Po Paris.
Agé de 36 ans, Jérémy Boroy, lui-même déficient auditif, a présidé l’Union nationale pour l’insertion sociale des déficients auditifs (Unisda) de 2004 à 2010. Il a également assuré la vice-présidence du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) de 2007 à 2009. Auparavant, il a officié comme assistant parlementaire à l’Assemblée nationale (1999-2007), puis comme responsable « diversité » chez SFR de 2008-2010.
Il a été membre de l’équipe de campagne de Martine Aubry, en charge du Handicap avec Jérôme Guedj.
La section des sourds et malentendants socialistes lui adresse ses plus vives félicitations.
Posté le 24 avril 2013

Après l’Atelier du Changement de Grenoble, le Premier secrétaire du PS Harlem Désir poursuit ses rencontres avec les Français en se rendant en Essonne à Evry.
Partout en France, ces ateliers vont permettre à tous les citoyens qui le souhaitent de prendre la parole et d’échanger ensemble sur la situation et l’avenir de notre pays.
C’est la première fois qu’un parti au gouvernement organise un tel moment de débat.
Pour participer, c’est simple: rendez-vous le mercredi 24 avril, à 19h30 au Gymnase Jean Louis Moulin, place Bexley – 91000 ÉVRY
Posté le 24 avril 2013
A l’occasion de la réunion du conseil de la Caisse Nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la ministre a par ailleurs confirmé que le projet de loi sur l’autonomie serait prêt avant la fin 2013.
Mme Delaunay s’est félicitée au cours d’une conférence de presse d’avoir fait reculer de 25% la sous-consommation chronique des crédits du secteur médico-social, un phénomène dû aux longs délais entre décisions de financement et sortie des projets.
« Peu de ministères peuvent se prévaloir de pousser à la dépense et à l’utilisation des crédits », a-t-elle commenté.
Alors que le montant des crédits non consommés de médicalisation avait été de 245 millions d’euros en 2012, il ne sera que de 189 millions en 2013, a-t-elle précisé. Les années précédentes ces sommes avaient été encore plus importantes (539 millions en 2008 par exemple). Pour accélérer encore la consommation des crédits, la campagne budgétaire des Agences Régionales de santé (ARS) a été avancée d’un mois et demi, a-t-elle ajouté.
Au chapitre des crédits de médicalisation des établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (ehpad) et des maisons accueillant des personnes handicapées, 162 millions seront dépensés, soit 15 millions de plus que prévu au budget de la Sécurité sociale, en raison d’une redéploiement de crédits, a-t-elle dit.
Ces crédits vont notamment servir au recrutement de personnels médicaux et paramédicaux dans les ehpad, la ministre insistant sur la nécessité d’une présence de personnels plus importante pour améliorer les soins, réduire les hospitalisations inutiles et prévenir la maltraitance.
« Ce sera une avancée de plusieurs milliers d’emplois », a-t-elle dit sans s’engager sur un chiffre. Selon des estimations, la création d’emplois pourrait être d’au moins 6 à 8.000.
Mme Delaunay préconise notamment la présence d’infirmières de nuit, tout en reconnaissant le « déficit d’attractivité » de cette profession que les hôpitaux eux-mêmes peinent à attirer.
Compte tenu de l’accélération de l’affectation des crédits, les nouveaux personnels pourraient débuter dès le 1er janvier 2014.
Enfin, Mme Delaunay a décidé de donner un coup d’accélérateur à la rénovation des maisons de retraites publiques et associatives (pas celles du privé), notamment la mise aux nouvelles normes de ces établissements et la transformation de leurs chambres à deux lits en chambres individuelles.
Pour cela 120 millions seront puisés dans les réserves de la CNSA, ainsi que 20 autres millions qui serviront à apurer des impayés de l’Etat dans le cadre de contrats Etat-régions concernant une cinquantaine de d’opérations.
Le financement de ces travaux permettra de limiter la hausse du prix de journée pour les résidents. Exemple chiffré fourni par le ministère : un prix de journée qui devait passer de 50 à 60 euros sera limité à 57 euros.
Autre avantage économique plus global: l’effet de levier profitant au secteur du bâtiment. Ainsi 120 millions d’investissements généreront »720 millions d’aménagements pour environ 200 établissements ».
Posté le 8 avril 2013
Attendu de pied ferme par les associations de parents d’enfants autistes, le troisième plan autisme était annoncé pour novembre 2012. Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, a annoncé à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme ce mardi 2 avril qu’il était prêt, sans pour autant préciser de date de présentation. Elle a annoncé que le plan a été « élaboré dans la plus grande concertation », ajoutant qu’il « veut que nous respections les recommandations de la Haute Autorité de santé ». Ces recommandations concernent les pratiques comportementales et développementales à adopter « à travers l’ensemble des territoires et des régions ».
D’après Marie-Arlette Carlotti, il comprendrait cinq axes, dont « l’accompagnement des parcours », le soutien aux parents et le repérage précoce. Des efforts sont aussi prévus dans la formation des professionnels de la petite enfance. Dans un entretien au Figaro, elle précise vouloir développer la scolarisation des jeunes autistes dès la maternelle. Le quotidien indique que 100 000 jeunes de moins 20 ans seraient concernés dans l’Hexagone.
La France est pointée du doigt par les associations militant pour un meilleur traitement de l’autisme. Ces associations estiment que 40 ans de retard ont été pris, notamment en favorisant l’approche psychiatrique plutôt qu’éducative. L’autisme a été désigné grande cause nationale en 2012. Ce trouble du développement humain concerne plus de 400 000 personnes en France.