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L’appel des « Intouchables »

Posté le 1 mai 2012

Nous, citoyens représentant toute la diversité des situations de handicaps, dans tous les domaines de la vie sociale et économique de notre pays, acteurs à part entière au sein de la démocratie française, refusons d’assister en spectateurs aux soubresauts de la fin de mandat de Nicolas Sarkozy.
 
Début 2007 déjà, lors du congrès de son parti, celui qui s’apprêtait à accéder à la magistrature suprême avait d’emblée posé le socle de la tactique qui lui tiendrait lieu de principe de gouvernement : monter les Français les uns contre les autres. En osant opposer explicitement le mérite au « handicap », il inaugurait ce qui allait devenir une période grave de décomposition du lien social et d’attaques systématiques contre les valeurs de la République dans notre pays.
 
Nous, citoyens en situations de handicap, refusons la mise à l’écart systématisée, la remise en questions et le démantèlement des moyens qui avaient timidement été mis en place, du droit à l’accessibilité jusqu’au droit à l’inclusion professionnelle, en passant par l’école et l’égalité de dignité.
 
Nous appelons de nos vœux une école qui apprenne à nos enfants que la différence n’est pas à craindre mais à aimer et que la nation toute entière veille à ce qu’une inégalité définie aux hasards de la vie ne devienne pas une injustice. Nous voulons que l’école soit un véritable lieu d’apprentissage de la confiance en soi et en les autres, seule garantie de citoyens libres dans une démocratie vivante.
 
Nous en avons assez de ce discours qui prétend inclure tous les Français alors qu’il ne fait que les dresser les uns contre les autres. Assez de ce discours qui prétend que le handicap est une priorité alors que les familles d’enfants handicapés sont condamnées à se débattre pour trouver et financer le matériel et les adaptations dont ils ont besoin. Assez, enfin, de cette fuite en avant, de cette lutte incessante et donc épuisante pour l’accessibilité des bâtiments et des moyens de transport qui pourtant conditionne notre autonomie et notre participation à la vie publique. 
 
Pour donner du sens, il faut des actes. Pour agir, il faut des moyens. Pour avoir les moyens, il faut une volonté.
C’est cette volonté qu’incarne François Hollande qui propose la création d’emplois dans l’Éducation nationale pour renforcer la scolarisation des enfants en situation de handicap, la création d’une agence nationale de l’accessibilité permettant la pleine application de la loi du 11 février 2005, et le passage à une logique inclusive sur le modèle de l’agenda 22 instaurant l’obligation d’un volet handicap dans chaque loi votée.
La nécessité que nous, personnes handicapées, avons des autres nous pousse à voter pour un candidat rassembleur et non excluant ou stigmatisant. Nous avons besoin de la solidarité de nos concitoyens, ils ont besoin de nous dans la diversité.
 
Notre situation de handicap, aujourd’hui  stigmatisée, nous voulons la valoriser pour qu’elle ne soit plus seulement synonyme d’inactivité et d’attentisme, mais au contraire qu’elles soient la source d’un contrat social qui permette à chacun, du citoyen à la collectivité, de gagner en dignité.
Nous nous élevons contre les tentatives de manipulation par des discours démagogiques et les prises de conscience tardives. Nous refusons l’escalade qui est en train de se jouer, et nous mettrons toute notre énergie au service d’une perspective commune et solidaire.
 
C’est pour cela que nous ferons entendre notre voix au second tour avec plus de force encore.
Massivement, les 12 millions de Français porteurs de handicap, leurs proches, les citoyens progressistes, le peuple qui croit à l’avenir, nous tous appelons à voter pour François Hollande, seul capable d’incarner une présidence apaisée, participative et solidaire. Seul espoir de refonder la démocratie bien malade de notre pays et de la rendre à tous les citoyens.
 
Nous, représentants des « intouchables », qu’ils soient pauvres ou riches, croyons d’abord au génie humain, à sa capacité à dépasser les possibles, à inventer, à trouver, à construire, même sans voix, sans vue, sans geste ou sans raison. 
 
C’est dans cette perspective que  nous soutenons le candidat qui nous semble le plus apte à conduire les Français dans cette voie, celle du respect et de l’apaisement, François Hollande.
 
Liste des premiers signataires :
 
Catherine ALLIE – militante associative
Mohamed AZOUZ – militant associatif
Fatima BALI – militante associative
Philippe BEHAEGEL – formateur, militant associatif
Hamou BOUAKKAZ – militant associatif – Conseiller de Paris
Raphaël BOUTON – militant associatif
Philippe CALMETTE
Emmanuel CHANSOU – responsable associatif
Viviane CONDAT – responsable associative
Marie COUVREUR
Jean-Louis GARCIA – militant associatif
Charles GARDOU – universitaire
Cécile GUIMBERT – militante associative
Bachir KERROUMI – économiste
Samuel LANDIER – adjoint au Maire de Rezé
Vincent MICHEL – responsable associatif
Juliette NONN – militante associative
Marcel NUS – écrivain et formateur
Philippe PAUGAM – militant associatif
Francis PEREZ – militant associatif
Maudy PIOT – responsable associative
Jean-Marc ROOSZ – responsable associatif
Ryadh SALLEM – militant associatif
Jean-Luc SIMON – consultant, militant associatif
Thierry NICOLLE– responsable associatif
Christophe LE GALL – militant associatif

François AUTHIER – militant associatif
Michel BOUDON – responsable associatif
etc…
 
Nous vous invitons à le signer, en cliquant sur http://tinyurl.com/cjhgwrb

Les sourd(e)s motivé(e)s appellent à voter pour François Hollande (vidéo en LSF)

Posté le 1 mai 2012

Les sourd(e)s motivé(e)s appellent à voter pour François Hollande. Pourquoi ? Écoutez les !
Avec la participation de Catherine Zlatkovic, Sandrine Herman, Philippe Lemaire, Raphaël Bouton

Thèmes : Droits des femmes, Éducation, 75%, Santé

Les propositions de François Hollande pour les sourds et malentendants

Posté le 4 avril 2012

Vous m’avez interrogé le 21 septembre 2011 sur les mesures que je comptais mettre en œuvre à destination des personnes en situation de handicap, et plus particulièrement des sourds et malentendants si je suis ensuite élu Président de la République. Vous m’avez dans ce cadre fait parvenir un questionnaire me demandant de prendre position sur des points précis.

Je veux tout d’abord vous dire que mes positions sur le handicap sont en lien avec ma conception de la cohésion sociale et de la dignité : je considère que chacun a le droit de vivre dans la société en étant pleinement lui-même. La société doit être un lieu d’émancipation de chaque personne, donc un cadre souple, accueillant pour tous. Aujourd’hui, en France, le handicap concerne près de 12 millions de personnes, et près d’une famille sur quatre. Il est temps que l’ensemble des politiques publiques en tiennent compte dès le stade de leur conception.

La première étape doit être de faire évoluer les mentalités. C’est la raison pour laquelle si je suis élu, ma première initiative sera de créer un Haut Commissariat au handicap, car je crois à la force des institutions et des symboles pour faire progresser l’égalité. Au-delà de la dimension symbolique, il est important qu’un service soit en charge de lancer les réformes à mettre en œuvre pour permettre à la France de rattraper son retard dans la prise en considération du handicap et particulièrement des personnes sourdes et malentendantes : la France ne compte en effet que 120 interprètes en langue des signes françaises (LSF) pour 65 millions d’habitants, alors que le Danemark en compte 400 pour 6 millions d’habitants.

Vous m’interrogez plus spécifiquement sur mes propositions à destination des sourds et malentendants. Je n’ignore pas que chaque année, un enfant sur 1000 naît avec une déficience auditive, que 800 sont diagnostiqués avant l’âge de 2 ans, que 5 millions de personnes souffrent d’une déficience auditive, dont 483 000 personnes d’une déficience profonde ou sévère. Je n’ignore pas non plus que toute personne est susceptible de devenir sourde ou malentendante au cours de sa vie. Cela peut arriver à un proche, cela peut m’arriver à moi. Pour toutes les personnes
concernées, la priorité de l’Etat doit être de rompre l’isolement des sourds et malentendants, en favorisant le partage et le développement d’une langue commune dans le cercle affectif comme dans la société.

Réduire les difficultés de communication constituera par conséquent le fil conducteur de mon action à destination des personnes sourdes et malentendantes tout au long de mon mandat. Cette réduction passe par plusieurs types de mesures.

S’agissant de la langue des signes française (LSF), dans les mois qui suivront mon élection, je prendrai des mesures pour étudier les modalités pratiques d’une reconnaissance de la langue des signes. Ce sera l’occasion d’un réel moment de réflexion sur la place de la LSF dans la société française et sur les meilleurs moyens de la promouvoir et de la reconnaître institutionnellement. Le Danemark, la Finlande, la Norvège, mais aussi l’Espagne et le Portugal ont déjà reconnu officiellement la langue des signes dans leur Constitution ou leur arsenal législatif.

En la matière, je souhaite donner l’exemple et m’engage à ce que mes grands meetings de campagne soient accessibles aux personnes en situation de handicap et à ce que mes spots de campagne soient sous-titrés et interprétés en langue des signes.

Je souhaite par ailleurs que les jeunes sourds et malentendants puissent réellement, quand ils le souhaitent, être accueillis par l’éducation nationale, intégrés à l’école et pas uniquement dans des pôles spécifiquement consacrés. Cette intégration participe à l’acceptation de la différence et permet aux jeunes enfants de s’intégrer dans un monde d’entendants. Ces jeunes doivent également avoir accès, si les parents le souhaitent, à un enseignement bilingue, LSF et français, comme le prévoyait la loi de 2005. J’ai bien conscience que les dispositifs existants sont insuffisants et inégalement répartis sur le territoire. Il existe désormais, en plus de la qualification en LSF, un CAPES pour la langue des signes. Je veillerai à ce que le nombre d’enseignants qualifiés soit suffisant et effectif sur l’ensemble du territoire.

L’intervention des SSEFIS – ou SESSAD – est à mon sens complémentaire notamment par les missions de coordination, de médiation, d’accompagnement des familles et les séances complémentaires qu’ils proposent. Les dispositifs éducation nationale n’ont a priori pas vocation à s’y substituer mais à travailler en collaboration, toujours dans le respect des choix des parents et en recherchant les synergies possibles entre les dispositifs.

Rompre l’isolement implique en outre de soutenir l’accès à la culture pour les personnes sourdes et malentendantes. Je sais les difficultés financières que rencontre actuellement l’International Visual Theater, dont le rôle culturel mais aussi dans l’édition de dictionnaires LSF/Français est essentiel et remplit des missions de service public. Sa directrice Emmanuelle Laborit a raison de dire que la population sourde française est progressivement laissée dans un désert culturel. Là où d’autres pays progressent dans l’accès à la culture pour les personnes sourdes et malentendantes, nous régressons. Je m’y engage : si je suis élu, l’IVT pourra continuer à accomplir sa belle mission. En contrepartie d’engagements sur les modalités de gestion de cet établissement, l’Etat s’engagera sur des solutions de long terme.

Rompre l’isolement, c’est aussi adapter les services publics aux sourds et aux malentendants, en matière d’accessibilité mais pas uniquement. Je souhaite notamment que les personnels enseignants soient formés au handicap, et que les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ne soient plus recrutés en contrats aidés mais par le biais de contrats d’assistants d’éducation, plus stables et plus professionnalisants. Les préfectures auront également l’obligation d’établir dans leur dispositif ORSEC une liste des coordonnées des personnes en situation de handicap et de mettre en place un mécanisme d’alerte par SMS en cas de catastrophe ou d’accident industriel.

Je suis aussi attentif à la nécessité de mieux accompagner les familles des enfants sourds et malentendants. Le dépistage systématique de la surdité de tous les enfants doit être suivi d’un accompagnement des familles après le diagnostic. Le rôle des dispositifs de protection maternelle et infantile (PMI) et les structures qui permettent d’assurer un accompagnement des familles dans leur vie quotidienne devra être renforcé, en lien avec les conseils généraux. Je sais que de nombreuses associations de parents sont d’ores et déjà constituées et assurent un soutien précieux.

Je veillerai à ce que le remboursement des appareils auditifs soit amélioré. Si la résorption du déficit de l’assurance maladie est mon objectif, la justice sociale l’est aussi, et la prise en charge des appareils auditifs est actuellement insuffisante. Il n’est pas normal qu’au-delà de 20 ans, les prothèses auditives soient remboursées sur la base d’un tarif forfaitaire d’environ 200 euros quand les appareils peuvent coûter jusqu’à 2 000 euros.

Quant à l’accessibilité aux professionnels de santé, je suis en premier lieu vigilant à ne pas multiplier les dispositifs tout en assurant à chacun un accès à des soins de qualité. C’est pourquoi je souhaite dans un premier temps que les pôles hospitaliers « sourds et santé » soient progressivement mis en place dans chaque région dans laquelle des besoins importants ont été repérés. A terme, je souhaite que ces plateformes puissent intervenir auprès des professionnels de ville et pas uniquement à l’hôpital, sur le modèle du réseau du Nord-Pas-de-Calais.

François Hollande