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Hollande déplore le « retard » français par rapport au handicap

Posté le 18 novembre 2011

François Hollande a dénoncé jeudi le « retard » pris par la France par rapport à ses engagements de 2005 en matière d’emploi des personnes handicapées, dont le taux de chômage, à environ 19%, est deux fois plus élevé que pour l’ensemble de la population.

Le candidat socialiste à la présidentielle de 2012 s’est exprimé au « Café Signes » de Paris, qui emploie six personnes sourdes, alors que la semaine pour l’emploi de l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Adapt) touche à sa fin.

« Ma présence, c’est, dans le cadre du handicap au travail, de montrer qu’il y a d’abord des initiatives qui réussissent et que nous avons encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs fixés par la loi de 2005″, a-t-il dit à la presse.

La loi du 11 février 2005 oblige notamment les entreprises de plus de 20 employés à embaucher 6% de personnes handicapées et réaffirme le principe d’accessibilité pour tous, donnant dix ans aux établissements publics pour se mettre en conformité.

Sans donner de chiffre précis, François Hollande a indiqué qu’une « fraction » des 60.000 emplois qu’il prévoit de créer dans l’éducation nationale s’inscrirait « dans le cadre de la reprise des auxiliaires de vie scolaire ».

Il a par ailleurs suggéré que les entreprises « qui font l’effort de former et d’accompagner » leurs employés handicapés bénéficient « d’encouragements au titre de ce qui leur est demandé par ailleurs en matière d’emploi de personnes handicapées ».

Faisant référence au succès du film « Intouchables », qui a attiré plus de 5 millions de spectateurs depuis sa sortie en salles le 2 novembre, François Hollande a estimé que la compréhension de l’importance de « la place de la personne handicapée » était désormais « évidente ».

Avant de quitter les lieux, le candidat socialiste a demandé aux employés du café quel était, en langue des signes, son nom. Hollande, comme le pays, lui a-t-on répondu.

« Le signe va évoluer car les sourds ne vous connaissent pas beaucoup », a dit Julie Lefebvre, interprète. « Je pense qu’ils vous rebaptiseront ».

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François Hollande: Donner une place aux handicapés dans la société est «un atout et un devoir»

Posté le 18 novembre 2011

François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, a estimé ce jeudi que donner une place aux handicapés dans la société était «à la fois un devoir et un atout», lors d’un déplacement à Paris dans le cadre de la semaine pour l’emploi des handicapés.

«Le handicap peut devenir, s’il est mutualisé, une réussite pour chacun», a déclaré François Hollande lors d’une visite au Café Signes, un établissement du 14e arrondissement favorisant les échanges entre sourds et entendants. Il a jugé qu’il y avait «encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs qui ont été fixés par la loi de 2005» selon laquelle les entreprises privées et les employeurs publics de plus de 20 salariés ont l’obligation d’employer 6% de personnes handicapées sous réserve de payer une contribution financière.

«La place de la personne handicapée c’est à la fois un devoir et un atout», a ajouté le candidat soulignant que «le film qui marche le mieux en ce moment [Intouchables] montre combien chacun a besoin de l’autre».

Pas encore de signe pour dire François Hollande

«Le grand enjeu de l’élection présidentielle, c’est la capacité de vivre ensemble. C’est pourquoi je suis là dans un lieu tout à fait symbolique», a dit le député de Corrèze qui a dialogué avec les employés sourds du café-restaurant, via une interprète.

Demandant à cette dernière comment se disait «François Hollande en langage des signes», le candidat s’est vu répondre que pour l’instant «son signe était est celui de la Hollande» [le pays] car «les sourds ne vous connaissent pas encore forcément». Mais «je pense qu’il vous rebaptiseront» a ajouté la jeune femme (Nota : Julie Lefebvre).

François Hollande a promis que «dans les moments les plus importants» de sa campagne présidentielle, il y aurait «toujours une traduction en langage des signes». Le candidat était notamment accompagné de la députée PS Marisol Touraine, chargée dans son équipe de campagne d’une commission thématique sur «social, santé, personnes âgées, handicap».

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Au café Signes, François Hollande rappelle ses priorités en matière de handicap

Posté le 18 novembre 2011

Rencontre autour du handicap avec François Hollande, « il y a encore beaucoup d’engagements qui n’ont pas été tenus »

Jeudi 17 novembre, François Hollande était en déplacement pour rencontrer des sourds et malentendants, le candidat à la présidentielle a rappellé les objectifs à atteindre en matière de handicap.

Il y a 3 objectifs à atteindre :

  • L’accessibilité de tous et dans tous les lieux d’abord publics puis privés.
  • L’emploi, et l’insertion professionnelle de toutes les personnes en situation de handicap.
  • L’éducation : favoriser l’accueil des jeunes en situation de handicap à l’école et dans les lieux d’enseignements.

Retrouvez le reportage et la déclaration du candidat à la présidentielle à l’issue de cette rencontre.


Déplacement de François Hollande sur le thème du… par PartiSocialiste

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Intervention de M. Jean-Pierre Godefroy sur l’article 34 Bis relatif au dépistage de la surdité

Posté le 11 novembre 2011

Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
Mes chers collègues,

En juillet 2010, trois députés UMP, Mme Edwige Antier et MM.Jean-François Chossy et Jean-Pierre Dupont, déposaient une proposition de loi visant à généraliser le dépistage précoce des troubles de l’audition.

Cette PPL a été discutée et adoptée en première par l’Assemblée Nationale lecture le 30 novembre 2010 et a ensuite été transmise au Sénat mais jamais inscrite à l’ordre du jour. En mars 2010, elle a été alors reprise sous la forme d’un amendement à l’occasion de l’examen à l’Assemblée Nationale de la Proposition de Loi Fourcade modifiant certaines dispositions de la Loi HPST, avant d’être finalement invalidé par le Conseil Constitutionnel en tant que cavalier législatif.

Aujourd’hui, elle nous revient sous la forme d’un nouvel amendement déposé à l’occasion de l’examen, toujours à l’Assemblée Nationale, de ce PLFSS. Or, vous n’êtes pas sans savoir que depuis le dépôt de cette proposition de loi et au fil des discussions qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale, le désaccord n’a cessé de grandir au sein de la communauté sourde et d’une partie du monde médical, en particulier les psychologues, psychiatres et médecins qui travaillent dans des unités d’accueil et de soins des sourds, et au sein même de la communauté sourde : Génération Cochlée et la Fédération Nationale des Sourds de France.

Le texte prévoit en effet que le dépistage est effectué sur le nouveau-né pendant qu’il est à la maternité, avec confirmation dans un centre spécialisé avant la fin du troisième mois de l’enfant. Pour ma part, je ne vous cache pas les réserves que m’inspire un tel dispositif, ne serait-ce qu’en raison de la faible fiabilité des testes utilisés (cf les résultats de l’expérimentation menée par la CNAM depuis 2005), mais surtout des conséquences sur la construction du lien parent-enfant que pourrait avoir une annonce aussi brutale aux familles dans un moment privilégie qu’est celui de la naissance.

Je me fais, en ce sens, l’écho des inquiétudes, voire de l’indignation et de la communauté sourde, représentée notamment par la Fédération Nationale des Sourds de France et Génération Cochlée, et d’une partie significative du monde médical, en particulier les psychologues, psychiatres et médecins qui exercent dans les unités d’accueil et de soins des sourds.

Entendons-nous bien, je crois tout à fait à la nécessité du dépistage des troubles de l’audition ! Chaque année, un enfant sur mille naît avec une déficience auditive ou est dépisté en tant que tel avant l’âge de deux ans. Soit environ 800 enfants par an. Et si on y ajoute les cas de surdités qui se développent au cours des deux premières années de l’enfant, on compte au total environ 2 000 enfants sourds par année d’âge. Il y a donc une vraie nécessité, je le répète, de faire ce dépistage.

Mais, je m’interroge sur les modalités pratiques de sa mise en œuvre, notamment le moment où il doit être effectué et l’accompagnement proposé à l’enfant et sa famille. Le sujet fait débat et le Sénat n’a, en fait, jamais eu l’occasion de s’en saisir véritablement sérieusement.

C’est la deuxième fois qu’on nous demande de valider un amendement adopté par l’Assemblée Nationale sans avoir pu faire d’audition en Commission. Pour ma part, j’ai auditionné les actevas et j’en conclus que le sujet me semble suffisamment délicat pour que nous prenions le temps de l’étude et de la réflexion.

C’est d’autant plus justifié, me semble t-il, qu’il existe une proposition de loi qui attend d’être inscrite à l’ordre du jour du Sénat. Respectons donc le parcours législatif normal, auditionnons et alors, nous pourrons nous prononcer sur le fond, en toute connaissance de cause et pas pour un amendement à la hussarde !

Pour bien légiférer, il faut s’interroger et réfléchir. Inscrivons la Proposition de Projet de Loi à l’ordre du jour futur proche, pour s’assurer d’un travail sérieux au Sénat, au sein de notre Commission des Affaires Sociales.

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Intervention de Mme Dominique Gillot sur l’article 34 Bis relatif au dépistage de la surdité

Posté le 10 novembre 2011

Monsieur le Président,
Mme la Ministre,
Monsieur le Rapporteur,

Chargée de mission pour évaluer les besoins des personnes sourdes dans notre société, j’ai conduit il y a quelques années un important travail qui m’a permis de connaître l’ensemble des problématiques liées à ce handicap qui touche 7% de la population mais de façon extrêmement singulière et particulièrement lorsqu’il s’agit de la surdité profonde qui touche des enfants dès leur naissance.

1. Une mesure inefficace du point de vue sanitaire

Chaque année, un enfant sur mille naît avec une déficience auditive. Cette déficience a des répercussions sur tous les aspects de sa vie : les liens au sein de la famille, l’éducation, sa scolarité, sa vie professionnelle et l’ensemble de sa vie sociale ultérieure. Le dépistage précoce est nécessaire pour permettre aux personnes sourdes de bénéficier des meilleures conditions de dépassement de leur handicap.

L’article 34 bis tentait, après d’autres initiatives infructueuses, d’imposer un dépistage de la surdité chez le tout nouveau-né. Les études ont démontré qu’un tel dépistage est loin d’être totalement fiable : à quelques jours le risque de faux positif peut atteindre 80 %.

Un résultat positif, qui fait état de la surdité du nouveau-né, a fortiori s’il se révèle aléatoire, est très violent pour les parents, surtout lorsque les mères ne passent plus que trois jours à la maternité après leur accouchement et rentrent chez elles sans accompagnement. Plus grave, une anxiété significative et durable peut affecter la relation parents/enfant. Il est établi que les parents qui apprennent que leur bébé n’entend pas cessent de lui parler, donc de communiquer, et privent leur famille de ce lien essentiel avec l’enfant sourd à travers ce qu’il est admis d’appeler la « pédagogie implicite des mères ».

Par ailleurs, compte tenu des éléments de communication récurrente sur l’évolution des technologies, il y a fort à craindre qu’un tel dispositif aux résultats incertains aboutirait à la pose généralisée d’implants cochléaires, très invasifs, très coûteux et très contraignants, et qui ne correspondent pourtant pas nécessairement à toutes les situations. Il s’agit en effet d’un dispositif électronique destiné à stimuler le nerf auditif de personnes atteintes de surdité sévère. Cela ne guérit pas mais répercute un stimulus aux terminaisons nerveuses de la cochlée, stimulus qui doit être interprété par le sujet, soit en faisant appel à sa culture et ses souvenirs sensoriels, soit en se soumettant à une éducation structurée particulièrement lourde pour donner sens à ce stimulus. Le coût est d’environ 40 000 euros. A cela s’ajoute un forfait annuel de 100 euros pour la maintenance et 150 euros tous les 5 ans pour les petites fournitures prises en charge par la Sécu (65%). Suivant l’arrêté du 2 mars 2009, il est recommandé de couvrir l’implant (fort coûteux) par une assurance spécifique.

2. Une mesure qui ne respecte pas les personnes

Le dépistage de la surdité doit intervenir pour les enfants âgés de six mois, en présence d’un psychologue. Des moyens supplémentaires doivent être accordés aux centres de PMI pour pouvoir procéder à cet examen et garantir l’information complète, objective, non orientée et l’accompagnement des parents, y compris dans leur choix, en lien avec les MDPH.

La surdité n’est ni un danger pour la société, ni un risque pour autrui. Il faut procéder à son dépistage mais il faut que ce soit dans l’intérêt des enfants et de leurs parents pour faciliter leur épanouissement et leur intégration sociale.

Chacun a le droit de vivre pleinement dans la société en étant lui-même. C’est à la société d’accueillir et de compenser l’ensemble des déficiences, par exemple, en généralisant l’usage de la langue parlé complété, celui de la langue des signes, en créant des services utiles et accessibles à tous et à tous les niveaux, comme le service public de la communication adaptée.

3. Une mesure troublante qui semble servir des intérêts privés

Que cache cette volonté, cette précipitation sur tout véhicule législatif possible afin de faire adopter une mesure déjà censurée par le Conseil constitutionnel ? A qui profiterait cette décision si coûteuse (sans étude longue sur son impact) pour la Sécurité sociale et traumatisante pour les bénéficiaires qui auraient eu à la subir dans la précipitation ?

Il est nécessaire de prendre le temps de la concertation avec les associations de sourds, de parents, le CNCPH et les différentes autorités académiques et éthiques et ne pas se limiter aux encouragements des lobbys médical et industriel. De nombreuses associations représentatives des parents et des sourds dénoncent l’absence de moyens pour une information neutre et l’absence d’un accompagnement parental adéquat, notamment dans l’éducation ainsi que l’inégalité de moyens sur l’ensemble du territoire.

Il y a donc lieu de repousser cet amendement cavalier et de se garder à l’esprit l’avis du Comité consultatif d’éthique qui a encore répété que « les évolutions technologiques portées par la louable ambition de favoriser l’intégration de l’enfant dans l’univers des entendants en développant ses capacités d’audition et d’oralisation s’accompagnent d’une interrogation éthique que notre société ne peut se permettre de négliger. Il serait notamment regrettable que les avancées accomplies dans le dépistage précoce et l’audiophonologie ne contribuent indirectement à réactiver d’anciens préjugés sur la surdité longtemps perçue comme un handicap mental »

Et le comité consultatif de mettre en garde : « De tels préjugés peuvent être propagés involontairement par le choix de politiques de dépistage et de suivi trop contraignantes pour les parents et les enfants sourds, avec le risque que les progrès réalisés dans la sophistication des techniques de dépistage et de l’aide acoustique donnent lieu à une politique sanitaire standardisée, trop médicalisée et indifférente aux aspects humains des déficits auditifs. »

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