malentendants

Marie-Arlette Carlotti a reçu les associations de personnes sourdes ou malentendantes et de leurs familles

Posté le 5 juin 2013

Le récent appel d’offres pour la conduite d’une expérimentation de relais téléphonique généraliste ayant été déclaré sans suite, il sera relancé sur la base d’un nouveau cahier des charges et avec l’appui d’une assistance à maitrise d’ouvrage. Reçues aujourd’hui par Madame Marie-Arlette CARLOTTI, Ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, les associations représentatives de personnes sourdes ou malentendantes et de leurs familles ont été informées du nouveau calendrier de travail.

La ministre leur a confirmé son souhait d’engager par ailleurs un nouveau chantier en vue du développement de l’accessibilité téléphonique.

L’accessibilité téléphonique étant essentielle pour garantir l’autonomie des personnes sourdes ou malentendantes dans leur vie sociale et professionnelle, leurs associations revendiquent un meilleur accès aux services téléphoniques, notamment par la mise en place d’un dispositif de relais téléphonique. Marie-Arlette CARLOTTI salue cette mobilisation associative.

Par ailleurs, l’accessibilité, sous toutes ses formes, sera au coeur du prochain comité interministériel du handicap.

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Portrait d’un camarade : le Brestois Christophe Le Gall, est sourd, militant et citoyen

Posté le 13 mai 2013


Portrait de Christophe Le Gall – N°001 – 2013 par BaBDP

« Les sourds sont de plus en plus nombreux à se battre pour leur citoyenneté », dit-il. Et lui est en toute première ligne. Christophe Le Gall, 38 ans, est délégué Bretagne et numéro 2 national des Sourds et Malentendants Socialistes. Chaque trimestre désormais, Histoires Ordinaires présentera ainsi un témoignage recueilli par l’association partenaire BàBDP (Bête à Bon Dieu Production) qui s’est donnée une triple mission :  « Défendre l’égalité citoyenne entre sourds et entendants, le droit à l’information et à la connaissance en français et en langue des signes, lutter contre les discriminations. »

[24-26/08/2012] L’université d’été du PS accessible aux sourds et malentendants

Posté le 2 août 2012

Comme l’an dernier, les séances plénières seront traduites en Langue des signes Françaises (LSF) par cinq interprètes et retranscrites en vélotypie.

La plénière du dimanche (discours de clôture) sera uniquement accessible en vélotypie.

L’accessibilité des ateliers, trop nombreux pour envisager le même dispositif, sera assurée par des « preneurs de notes » présents dans les salles dédiées. L’atelier sur le handicap sera en revanche accessible en LSF et vélotypie.

Les salles n’étant pas équipées de boucles magnétiques, l’accessibilité en ce sens n’est pas prévue.

On vous souhaite un bel été à tous,

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Les propositions de François Hollande pour les sourds et malentendants

Posté le 4 avril 2012

Vous m’avez interrogé le 21 septembre 2011 sur les mesures que je comptais mettre en œuvre à destination des personnes en situation de handicap, et plus particulièrement des sourds et malentendants si je suis ensuite élu Président de la République. Vous m’avez dans ce cadre fait parvenir un questionnaire me demandant de prendre position sur des points précis.

Je veux tout d’abord vous dire que mes positions sur le handicap sont en lien avec ma conception de la cohésion sociale et de la dignité : je considère que chacun a le droit de vivre dans la société en étant pleinement lui-même. La société doit être un lieu d’émancipation de chaque personne, donc un cadre souple, accueillant pour tous. Aujourd’hui, en France, le handicap concerne près de 12 millions de personnes, et près d’une famille sur quatre. Il est temps que l’ensemble des politiques publiques en tiennent compte dès le stade de leur conception.

La première étape doit être de faire évoluer les mentalités. C’est la raison pour laquelle si je suis élu, ma première initiative sera de créer un Haut Commissariat au handicap, car je crois à la force des institutions et des symboles pour faire progresser l’égalité. Au-delà de la dimension symbolique, il est important qu’un service soit en charge de lancer les réformes à mettre en œuvre pour permettre à la France de rattraper son retard dans la prise en considération du handicap et particulièrement des personnes sourdes et malentendantes : la France ne compte en effet que 120 interprètes en langue des signes françaises (LSF) pour 65 millions d’habitants, alors que le Danemark en compte 400 pour 6 millions d’habitants.

Vous m’interrogez plus spécifiquement sur mes propositions à destination des sourds et malentendants. Je n’ignore pas que chaque année, un enfant sur 1000 naît avec une déficience auditive, que 800 sont diagnostiqués avant l’âge de 2 ans, que 5 millions de personnes souffrent d’une déficience auditive, dont 483 000 personnes d’une déficience profonde ou sévère. Je n’ignore pas non plus que toute personne est susceptible de devenir sourde ou malentendante au cours de sa vie. Cela peut arriver à un proche, cela peut m’arriver à moi. Pour toutes les personnes
concernées, la priorité de l’Etat doit être de rompre l’isolement des sourds et malentendants, en favorisant le partage et le développement d’une langue commune dans le cercle affectif comme dans la société.

Réduire les difficultés de communication constituera par conséquent le fil conducteur de mon action à destination des personnes sourdes et malentendantes tout au long de mon mandat. Cette réduction passe par plusieurs types de mesures.

S’agissant de la langue des signes française (LSF), dans les mois qui suivront mon élection, je prendrai des mesures pour étudier les modalités pratiques d’une reconnaissance de la langue des signes. Ce sera l’occasion d’un réel moment de réflexion sur la place de la LSF dans la société française et sur les meilleurs moyens de la promouvoir et de la reconnaître institutionnellement. Le Danemark, la Finlande, la Norvège, mais aussi l’Espagne et le Portugal ont déjà reconnu officiellement la langue des signes dans leur Constitution ou leur arsenal législatif.

En la matière, je souhaite donner l’exemple et m’engage à ce que mes grands meetings de campagne soient accessibles aux personnes en situation de handicap et à ce que mes spots de campagne soient sous-titrés et interprétés en langue des signes.

Je souhaite par ailleurs que les jeunes sourds et malentendants puissent réellement, quand ils le souhaitent, être accueillis par l’éducation nationale, intégrés à l’école et pas uniquement dans des pôles spécifiquement consacrés. Cette intégration participe à l’acceptation de la différence et permet aux jeunes enfants de s’intégrer dans un monde d’entendants. Ces jeunes doivent également avoir accès, si les parents le souhaitent, à un enseignement bilingue, LSF et français, comme le prévoyait la loi de 2005. J’ai bien conscience que les dispositifs existants sont insuffisants et inégalement répartis sur le territoire. Il existe désormais, en plus de la qualification en LSF, un CAPES pour la langue des signes. Je veillerai à ce que le nombre d’enseignants qualifiés soit suffisant et effectif sur l’ensemble du territoire.

L’intervention des SSEFIS – ou SESSAD – est à mon sens complémentaire notamment par les missions de coordination, de médiation, d’accompagnement des familles et les séances complémentaires qu’ils proposent. Les dispositifs éducation nationale n’ont a priori pas vocation à s’y substituer mais à travailler en collaboration, toujours dans le respect des choix des parents et en recherchant les synergies possibles entre les dispositifs.

Rompre l’isolement implique en outre de soutenir l’accès à la culture pour les personnes sourdes et malentendantes. Je sais les difficultés financières que rencontre actuellement l’International Visual Theater, dont le rôle culturel mais aussi dans l’édition de dictionnaires LSF/Français est essentiel et remplit des missions de service public. Sa directrice Emmanuelle Laborit a raison de dire que la population sourde française est progressivement laissée dans un désert culturel. Là où d’autres pays progressent dans l’accès à la culture pour les personnes sourdes et malentendantes, nous régressons. Je m’y engage : si je suis élu, l’IVT pourra continuer à accomplir sa belle mission. En contrepartie d’engagements sur les modalités de gestion de cet établissement, l’Etat s’engagera sur des solutions de long terme.

Rompre l’isolement, c’est aussi adapter les services publics aux sourds et aux malentendants, en matière d’accessibilité mais pas uniquement. Je souhaite notamment que les personnels enseignants soient formés au handicap, et que les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ne soient plus recrutés en contrats aidés mais par le biais de contrats d’assistants d’éducation, plus stables et plus professionnalisants. Les préfectures auront également l’obligation d’établir dans leur dispositif ORSEC une liste des coordonnées des personnes en situation de handicap et de mettre en place un mécanisme d’alerte par SMS en cas de catastrophe ou d’accident industriel.

Je suis aussi attentif à la nécessité de mieux accompagner les familles des enfants sourds et malentendants. Le dépistage systématique de la surdité de tous les enfants doit être suivi d’un accompagnement des familles après le diagnostic. Le rôle des dispositifs de protection maternelle et infantile (PMI) et les structures qui permettent d’assurer un accompagnement des familles dans leur vie quotidienne devra être renforcé, en lien avec les conseils généraux. Je sais que de nombreuses associations de parents sont d’ores et déjà constituées et assurent un soutien précieux.

Je veillerai à ce que le remboursement des appareils auditifs soit amélioré. Si la résorption du déficit de l’assurance maladie est mon objectif, la justice sociale l’est aussi, et la prise en charge des appareils auditifs est actuellement insuffisante. Il n’est pas normal qu’au-delà de 20 ans, les prothèses auditives soient remboursées sur la base d’un tarif forfaitaire d’environ 200 euros quand les appareils peuvent coûter jusqu’à 2 000 euros.

Quant à l’accessibilité aux professionnels de santé, je suis en premier lieu vigilant à ne pas multiplier les dispositifs tout en assurant à chacun un accès à des soins de qualité. C’est pourquoi je souhaite dans un premier temps que les pôles hospitaliers « sourds et santé » soient progressivement mis en place dans chaque région dans laquelle des besoins importants ont été repérés. A terme, je souhaite que ces plateformes puissent intervenir auprès des professionnels de ville et pas uniquement à l’hôpital, sur le modèle du réseau du Nord-Pas-de-Calais.

François Hollande