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[Belgique] Les personnes sourdes ne doivent pas être confinées au monde du silence, il faut contribuer à les intégrer.

Posté le 5 octobre 2013

Le Gouvernement wallon a approuvé, ce jeudi 3 octobre 2013, sur proposition d’Eliane TILLIEUX, Ministre de l’Action sociale et de l’Egalité des Chances, le projet de convention pluriannuelle entre la Wallonie et l’ASBL Ecole et Surdité.

Les personnes sourdes ne doivent pas être confinées au  monde du silence,  il faut contribuer à les intégrer.

 

Le Gouvernement wallon a approuvé, ce jeudi 3 octobre 2013, sur proposition d’Eliane TILLIEUX, Ministre de l’Action sociale et de l’Egalité des Chances, le projet de convention pluriannuelle entre la Wallonie et l’ASBL Ecole et Surdité.

Cette ASBL, créée à Namur, en 2000, par des parents d’enfants malentendants, organise, au sein d’un établissement scolaire d’enseignement ordinaire, l’Institut Sainte-Marie, un enseignement destiné aux enfants sourds et malentendants. L’enseignement y est ainsi dispensé, en majeure partie, en immersion en langue des signes.

Ainsi, ce projet tout à fait novateur permet d’assurer aux enfants sourds et malentendants, une intégration identique à celle qu’ils connaitront dans la société : une minorité sourde dans une majorité entendante, où chacune des deux parties est reconnue par l’autre. Ce ne sont pas moins d’une trentaine d’élèves sourds, répartis dans 13 classes, de la maternelle à la 4e secondaire, qui suivent de cet apprentissage en classe bilingue « français – langue des signes. »

Depuis des années, l’ASBL Ecole et Surdité bénéficie d’une subvention facultative, se montant actuellement à 50 000 euros. Celle-ci couvre partiellement les dépenses liées aux activités hors scolarité : encadrement du projet, direction du service, conseils de classe, rencontres entre les différents intervenants du projet (parents, direction de l’établissement scolaire, enseignants sourds et entendants), aide à l’accès précoce au français oralisé pour les enfants sourds, sensibilisation à la culture sourde et à la spécificité de la communication avec les sourds pour les personnes entendantes, participation à un groupe de recherche, etc. Aucun cadre réglementaire ne permettant d’agréer et de subventionner l’ASBL de manière pérenne, Eliane TILLIEUX a, dès lors, proposé d’accorder une convention, pour 3 années consécutives, à ce service exemplaire incluant l’enfant handicapé dans la communauté.

L’ASBL Ecole et Surdité n’est pas la seule à œuvrer pour l’intégration des personnes sourdes et malentendantes dans la société. Durant cette année 2013, Eliane TILLIEUX a consacré des moyens importants, malgré les difficultés budgétaires, pour créer des passerelles entre le monde des sourds et celui des entendants, faire évoluer les mentalités afin de mieux intégrer les personnes sourdes au sein de notre société. Ce ne sont pas moins de 538 000 euros alloués au secteur et à des ASBL, encore trop peu connues du public.

Ce budget a été ventilé de la manière suivante :
  –    La Fédération Francophone des Sourds de Belgique pour ses projets d’inclusion des personnes sourdes dans la société, dont l’organisation de la Journée mondiale des sourds, qui a eu lieu ce samedi à Liège pour sa 20e édition :  40 400 euros.

–     20 000 euros à l’ASBL Association des sourds et malentendants du tournaisis pour leur permettre d’organiser et de coordonner des activités de vulgarisation de langue des signes.

–     295 800 euros  pour le Service d’interprétation des sourds de Wallonie ASBL dans le cadre de sa convention.

–     L’ASBL Epée de Liège, 30 700 euros pour financer l’accompagnement des personnes sourdes ou malentendantes dans leurs démarches de la vie quotidienne (démarches administratives, recherche d’un logement, d’un emploi …).

–     L’ASBL Alpha-signes, basée à Bruxelles, s’est vue accorder une subvention de 3 500 euros pour la mise en ouvre de son projet d’alphabétisation des adultes sourds en pédagogie bilingue.

–      25 500 euros ont été octroyés à Sur’Cité ASBL pour son centre de formation pour sourds (CEFORSO).

–     Canal C, la télévision locale namuroise, a bénéficié d’un montant de 14 500 euros pour pouvoir assurer la traduction gestuelle quotidienne de son journal télévisé et de l’interview de l’invité présent en plateau.

–     La télévision de proximité de la Province de Luxembourg, TV Lux, a reçu 6 250 euros pour leur « journal malentendants. »

–     26 593 euros au CPAS de Chaumont-Gistoux pour son projet Sour’dimension 

–     L’ASBL Surdimobil vient de recevoir 25 000 euros pour poursuivre ses actions : Surdirencontre, Surdicom, Surdikit… mais aussi des conférences, des contes ou encore des formations en langue des signes.

–     50 000 euros pour l’Ecole et Surdité ASBL.

Pour la Ministre Eliane TILLIEUX, « les moyens que j’ai pu dégager aideront à démystifier le handicap, en général, et la surdité, en particulier. Je soutiens pleinement de telles actions qui améliorent l’accès à l’information et font prendre conscience des difficultés principales que vivent les personnes sourdes. Il n’y a pas de meilleur projet que de rendre la personne en situation de handicap actrice de sa vie et moteur de son projet. Disposer du bon service au bon moment et au bon endroit, tisser une société plus juste, plus solidaire et plus harmonieuse, tel est le défi à relever en Wallonie. »

Source : http://www.ps.be/

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Quand le député M. DARMANIN endosse son costume d’usurpateur…

Posté le 2 octobre 2013

De coup de com en coup de com, M. DARMANIN pourrait nous faire avaler quelques couleuvres.

La dernière en date : la proposition de loi sur le prêt à taux Zéro pour les personnes handicapées. Rétablissons quelques vérités.

Première vérité : la paternité de la proposition de loi !

Contrairement à ce qu’il déclare, le vrai « papa» de cette proposition est M. Vanneste. C’est l’ancien député qui a lancé cette proposition en 2011. Une filiation qu’il a toujours du mal à assumer mais qui est pourtant réelle.

Deuxième vérité : il existe 

déjà des aides pour l’aménagement des logements des personnes en situation de handicap

La loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap propose déjà de nombreux dispositifs.

La prestation de compensation pour l’aménagement du logement ou le prêt à taux zéro adaptées pour la réalisation de travaux d’aménagements existent déjà. Ils permettent de circuler dans son logement, d’utiliser les équipements indispensables à la vie quotidienne, de se repérer et de communiquer, sans difficulté et en toute sécurité. La prise en charge des frais liés à l’adaptation du logement au titre de la prestation de compensation du handicap complète d’autres aides financières pouvant être mobilisées pour des travaux d’adaptation et d’accessibilité.

Un crédit d’impôt

est aussi possible pour certains équipements dans les résidences principales comme les sanitaires, les équipements de sécurité, et ceux d’accessibilité.

L’Agence Nationale de l’Habitat aide également à la rénovation thermique et l’adaptation des logements aux personnes à mobilité réduite en cas de handicap ou de dépendance.

Troisième vérité : Les élus socialistes du Nord et Tourcoing agissent en direction des personnes en situation de handicap

Depuis 2008, une commission intercommunale d’accessibilité a été mise en place à Lille Métropole. Membres de cette commission, les élus socialistes de Tourcoing travaillent déjà pour améliorer l’accompagnement des personnes en situation de handicap moteur ou physique. Le département du Nord, quant à lui, a renforcé considérablement ses moyens humains et financiers pour délivrer efficacement une réponse à chaque sollicitation.

PS de Tourcoing

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Les brestois à l’honneur pour l’accessibilité de leurs réunions !

Posté le 13 mai 2013

En présence de deux interprètes en langue des signes, des élus sont venus ce soir présenter leur bilan de mandat au Parti Socialiste Brestois. L’occasion de rappeler, par cet acte concret, la nécessité de faire reculer les discriminations, au coeur même de nos pratiques militantes !

Avec Thierry Fayret, Pierre Karleskind, Renaud Sarrabezolles, Jean Claude Lardic

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Les révoltes de Malek Boutih.

Posté le 22 janvier 2013

Il est l’un des deux députés handicapés à l’Assemblée Nationale. Au fil de son parcours de vie, son engagement politique s’avère indissociable du handicap moteur qui a forgé sa personnalité de battant qui prend des coups… et sait en donner. Interview.

Il s’est produit un évènement exceptionnel le 17 juin 2012 : deux candidats handicapés ont été élus à l’Assemblée Nationale, du jamais vu depuis la création de la Ve République ! Si l’élection de l’UMP Damien Abad a été médiatisée, elle a éclipsé celle du socialiste Malek Boutih. Né à Neuilly-sur-Seine (92) en 1964 dans une famille pauvre d’origine algérienne, il s’est fait connaître en accédant en 1999 à la présidence de SOS Racisme, organisation dans laquelle il militait depuis 15 ans.

Question : La dimension « handicap » représente quelle part de votre personnalité ?

Malek Boutih : Pour paraphraser Samy Davis Junior, j’étais enfant d’immigrés, pauvre et handicapé ! Le handicap était quelque chose de dur, mais je ne dirai pas que c’était le plus dur. J’ai eu la polio à l’âge de neuf mois, pour moi j’ai toujours été handicapé. J’ai fait un parcours que beaucoup de gens connaissent, une grande partie de mon enfance entre les hôpitaux et les centres de rééducation, j’ai toujours vécu au milieu de cela, pour moi c’est une normalité. Et une particularité qui donne un moteur et une force extrêmement importants pour la vie.

Question : Vous auriez pu vous retrouver sur des rails, de l’hôpital à l’éducation spécialisée puis dans le milieu protégé de travail. Comment en êtes-vous sorti ?

Malek Boutih : Il y a un peu de destin et un peu de chance. D’abord, les médecins ont réussi à stopper la polio, à stabiliser l’atteinte et limiter les séquelles. Puis un long travail de rééducation jusqu’à l’adolescence, puisque j’ai été opéré à l’âge de 12 ans sur la jambe droite, avec appareillage. Ça m’a permis d’avoir une autonomie, je me déplace sur mes jambes, avec des difficultés dans les escaliers, la fatigue que cela entraîne. J’aurais voulu être davantage quand j’étais enfant, être « l’homme qui valait 3 milliards », qu’on me pose un appareil pour courir vite, jouer au football. Mais j’ai considéré que j’avais passé une barre énorme : j’avais toujours vécu au milieu d’amis qui n’avaient pas de jambes, pas de pieds, pas de bras, des handicaps lourds, allongés ou en fauteuils roulants. J’avais réussi ma vie avant de l’avoir commencée, d’un certain point de vue, le jour où je me suis tenu debout. Ensuite, comme je suis issu d’une famille très populaire, ouvrière, je n’étais pas surprotégé. Je devais jouer avec les autres, c’était comme ça, sans possibilité d’alternative. Ça m’a donné un mors aux dents extrêmement puissant.

Question : 
Le gamin handicapé, ça peut être aussi le souffre-douleur…

Malek Boutih : Il peut être le souffre-douleur mais, d’un certain point de vue, on n’a pas de choix. C’est un combat pour une sorte de survie sociale et humaine qui est extrêmement importante. Le handicap physique n’est traité que physiquement, alors que son impact psychique, moral et psychologique est extrêmement puissant. Il y a une dimension que Boris Cyrulnik appelle la « résilience », une capacité à dépasser un traumatisme physique et psychologique. Pas parce que j’ai des qualités particulières, mais toute une série d’ingrédients et de circonstances. Je l’ai observé en voyageant dans des pays très pauvres, alors qu’en France l’encadrement médico-social est extrêmement important. Si j’avais été très atteint par la polio, j’aurais préféré vivre dans un pays pauvre que dans un pays où on me met de côté. Parce que derrière le soutien nécessaire, l’encadrement, il y a quand même une forme de mise à l’écart de la société qui n’existe pas dans les pays pauvres et qui oblige à se battre. Pour moi, le fait d’être dans la rue pour jouer au foot avec les autres, dans un milieu assez simple pour ne pas surprotéger, où on ne tirerait pas au but moins fort parce que je le gardais, on prend des baffes et on grandit, on s’endurcit. Ce passage a été extrêmement déterminant, il a construit ma personnalité. Même si je suis fragile d’apparence, franchement je suis plus dur que la plupart des hommes politiques qui m’entourent ! Parce qu’au bout du compte, quand je rencontre des gens qui me disent « j’en peux plus », je leur dis « tu connais rien à la vie pour dire j’en peux plus » parce que je sais ce que veut dire « j’en peux plus » au sens de ne plus pouvoir, d’avoir mal, d’être marginalisé. J’ai évolué extrêmement librement, ça m’a enlevé une peur profonde qui existe en chaque individu. Non pas que le pire me soit arrivé, mais je n’ai pas peur de dire une vérité, de me faire engueuler, ou de voir mon image. Je sais ce qu’on pense de moi : quand on a un handicap, le regard des autres quand vous êtes enfant ou adolescent, c’est terrible. Alors plus tard, ce qu’on pense de vous, vous le relativisez…

Question : On ne vous a pas « offert » de circonscription électorale, vous avez dû vous battre pour obtenir l’investiture du Parti Socialiste puis convaincre les électeurs.

Malek Boutih : J’ai toujours été persuadé que les électeurs choisissent leurs élus en fonction de critères différents de ceux qui sont soit disant dominants dans la communication politique : le beau gosse, grand sourire golden ! En fait, le tri n’est pas fait par les électeurs mais par les appareils politiques : après, on peut toujours dire que c’est les électeurs, comme d’habitude… J’ai été président de SOS-Racisme, et j’ai porté son action non plus sur l’antiracisme au sens culturel mais sur la discrimination, les pratiques discriminatoires. On agissait en justice, et ce qui m’avait beaucoup marqué, c’était de tomber sur des gens qui disaient « ce n’est pas moi, ce sont mes clients », ce n’était jamais eux qui discriminaient ! La vérité, c’est qu’il y a un appareil qui filtre la condition humaine, qui l’organise, la modèle par la communication, la publicité autour de la normalité, des symboles. Les appareils politiques reproduisent cela.

Image :Malek Boutih.

Mais pour l’électeur, la couleur de peau, le physique, etc., ne sont pas des critères déterminants. Même si quelques-uns y sont sensibles, dans la masse d’un résultat électoral, l’intelligence restera, en tout cas ce que les électeurs comprennent des candidats et de leur adéquation. S’il y a peu d’élus handicapés, ce n’est pas la faute des électeurs, mais celle des appareils politiques.

Question : Dans votre vie, avez-vous vécu davantage de soutien ou de refus ?

Malek Boutih : Je ne crois pas à la légende du self-made man. Je ne me suis pas fait tout seul avec la rage de vaincre et de m’en sortir : on rencontre toujours des gens qui ne se mettent pas en avant mais à un moment vous tendent la main et vous aident. Je me revois entrer en CE2 : ma famille n’avait pas du tout d’argent, je n’avais pas d’affaires scolaires, rien. L’institutrice m’a acheté des cahiers et des crayons, comme ça, sans rien dire. Elle n’aurait pas été là, peut-être que je coulais. J’ai rencontré des gens comme ça. Les refus, je les ai essuyés parce que, malgré ce que je suis, je n’ai pas voulu me comporter de la façon dont on voulait que je le fasse. Si j’avais joué le jeune beur qui veut s’en sortir, qui est gentil, qui trouve que c’est bien qu’il y ait une place pour le handicap, pour la discrimination positive, qui veut jouer sa petite part, tout le monde m’aurait caressé dans le sens du poil et promené en laisse pour se faire prendre en photo avec lui. Mais le fait que je décide de me comporter normalement, que je dise mes désaccords, on me répondait : « attends, déjà que tu es ça, tu peux pas faire comme les autres » ! Il faut bien comprendre qu’il y a une place pour la différence si elle reste à sa place. Mais si la différence veut se mettre au coeur, comme tout le monde, alors là on prend deux fois plus de claques que les autres… Une partie des gens que j’ai rencontrés en politique n’a pas supporté ma normalité : me connaissant de loin, ils pouvaient se dire d’abord « il est sympa », mais quand il y avait débat et que j’exprimais mes idées, mes désaccords, ils pensaient « pour qui il se prend ? ». Là on rencontre une adversité, et si j’ai été traité ainsi dans mon parcours politique, c’est parce que je n’ai jamais cédé un pouce à ce principe-là. Si j’avais cédé, j’aurais été un échec, pas un exemple. Être handicapé et se faire élire sur un quota « handicapés », c’est couler la tête des copains qu’on a connus à l’hôpital parce que c’est dire « vous n’aurez rien, vous comprenez il y a une place pour 100 ou pour 1.000″. Je connais le prix de ne pas céder, d’être têtu, une tête dure, de dire non. J’ai ramassé des claques, mais je sais en donner, à cet égard je suis un homme politique comme les autres !

Question : Les lois concernant le handicap ont été voulues par des gouvernements et des majorités de droite. La seule qui ait été votée par une majorité de gauche a été mise en oeuvre par un gouvernement de droite. Le traitement social du handicap serait-il de droite ?

Malek Boutih : C’est vrai, j’ai même remarqué une influence de la droite dans le milieu des grandes associations nationales de personnes handicapées, avec un côté « dame patronnesse », bonnes oeuvres. Un exemple concret : j’ai attrapé la polio en juin 1965, trois mois avant la vaccination générale. Il n’existait pas d’établissement public de rééducation pour les enfants en bas âge. Il y en avait un, privé, fondé à Antony dans les Hauts-de-Seine par Claude Pompidou [épouse de l’ancien président de la République Georges Pompidou NDLR]. C’est une longue histoire, ce rapport avec la droite, avec un tropisme particulier : le handicap parle d’humanité, baignée par la culture chrétienne. Alors que la gauche a toujours un problème avec la spécificité, elle se bat pour l’égalité par de grandes mesures générales. À cause de sa culture marxiste de généralisation, de classes sociales, et d’explication économico-sociale de toutes les problématiques.

Question : Vous avez plusieurs spécificités, dont celle d’être fils d’immigrés…

Malek Boutih : Évidemment, et ce n’est pas pour rien que je suis trop à gauche pour la droite… et trop à droite pour la gauche ! Je baigne au milieu des gens, je mène une vie absolument normale. Ceux qui viennent me parler s’étendent de l’électorat Front National à l’extrême gauche. Dans les deux blocs droite et gauche, des tropismes les empêchent de traiter avec efficacité et « normalitude » ces sujets-là au même titre que d’autres. Ça explique cette sorte de « partage du travail » entre la droite qui fait des lois sur le handicap, et la gauche qui fait des allocations…

Question : Parmi les parlementaires socialistes, y en a-t-il un en charge des dossiers handicap ?

Malek Boutih : Non. Je crois même qu’il n’y en a plus dans les autres partis politiques. Depuis la dernière vague de législation, les partis politiques suivent une tendance générale de la société sur le handicap : assurer l’encadrement sanitaire et social, en le sortant du jeu social. Le handicap n’est pas au coeur de la société, c’est un sujet à part. Moi, je marche, je bouge, je vis, qu’est-ce que je remarque : je vois peu de personnes handicapées dans les rues, où sont-elles ? Il y a une sorte de malthusianisme dans l’espace social qui repousse le handicap hors de la vue de tous, donc c’est un non-sujet. Et comme les associations de personnes handicapées, avec leur bonne volonté, sont souvent sur des dossiers techniques, elles ont perdu une dimension politique de la place du handicap. À force de traiter des droits, de l’accueil, des allocations, de toutes les questions techniques qui sont essentielles, elles ont oublié une revendication : le droit d’être visible, d’être vu et de vivre. Et d’être là, au milieu. Je ne comprends pas qu’aucune organisation ait mené un combat pour qu’un lieu essentiel soit ouvert, la télévision. Parce qu’elle est un miroir de la société. Il y a combien de personnes handicapées à la télévision ? On pourrait se dire : c’est une politique volontariste et on veut un présentateur de journal, d’émission, des candidats dans les émissions. Il y a une bataille de visibilité à mener, parce que le grand danger pour le handicap, ce n’est pas sa marginalité sociale et économique aujourd’hui, c’est son invisibilité sociale et politique.

Question : Comment sortir de cette invisibilité ?

Malek Boutih : Cela passe par un travail extrêmement volontariste et par une affirmation au coeur de la visibilité. L’enjeu de la télévision est important, en disant « on représente tout le monde ». C’est quelque part aider une population à vivre mieux ensemble. Il faut bien comprendre que chaque fois que l’on met à l’écart de la vue des gens en fonction de la différence physique, ça a un impact sur d’autres couches, ça alimente le racisme, le sexisme, les phobies, les peurs, toute cette manière de « matricer » une société qui, à mon avis, fait aujourd’hui souffrir les gens. En leur faisant croire que, pour être un citoyen lambda normal, il faut avoir entre 25 et 35 ans, être beau, avoir un niveau de vie assez important et pouvoir hésiter entre deux voitures parce que l’une a une couleur qui vous plaît et l’autre un équipement intéressant… Ce qui n’est pas du tout la vie réelle des gens ! La question du handicap ne se pose pas pour les personnes handicapées, elle se pose pour la société. Une société qui cache ses personnes handicapées est une société qui cache toutes ses difficultés, qui vit dans une illusion de sa propre réalité.

Question : Quel sont vos projets sur le plan politique ? Envisagez-vous d’aller plus loin ?


Malek Boutih : Non, pas particulièrement. Avec le temps et l’expérience, compte-tenu de ce que mon engagement politique est militant, que je n’ai pas fait une grande école ou l’ENA, je n’ai pas de plan de carrière. J’ai toujours dit que je ne voulais pas de mandats locaux, non pas parce qu’ils sont moins attrayants, mais parce que je pense que cette idée que le politique peut tout faire a ni queue ni tête. Le travail de maire, de conseiller général, de conseiller régional n’a rien à voir l’un avec l’autre. J’ai des amis qui sont élus locaux dans ma circonscription : je suis admiratif, je me dis que, parfois, c’est bien plus dur que ce que je fais. Moi, je me sens des capacités dans ce mandat de député, après je n’ai pas d’objectifs. C’est d’ailleurs le grand secret de mon travail : ne pas avoir d’objectif. Je vais là où je pense que je peux être utile. Si à la fin de mon mandat, je sens que je n’ai pas été utile, que je n’ai rien fait avancer, que finalement ça ne sert à rien, j’arrêterai. On m’a beaucoup posé la question de savoir si j’aimerais devenir ministre. Franchement, ça ne me fait pas rêver, loin de là. Dans la période actuelle, je plains même les ministres. Je détesterais être surveillé, signer une lettre qui m’interdit de partir en vacances là où je veux. Qu’est-ce que c’est que cette société, qu’est-ce que c’est que ce monde ? Pour l’instant, mes ambitions politiques sont sur le fond, sur la forme. Et d’ailleurs, en tant que parlementaire c’est la première période de ma vie où je « vis » de la politique : je suis rétribué par une indemnité parlementaire. Mais j’ai toujours travaillé et je veux continuer à travailler. Mon engagement politique, au fond du fond, c’est quoi : j’ai tellement de chance de marcher que je veux partager cette chance avec ceux qui n’en ont pas. Quels qu’ils soient, pas seulement handicapés, mais pauvres, marginalisés, discriminés, oubliés. Je me sens proche de toutes les personnes qui ne sont pas représentées dans une page de publicité, tous ces Français, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau, leurs opinions politiques.

Je partage un peu de mon bonheur, je n’ai pas d’autre ambition. J’ai aujourd’hui 48 ans, je donne, je n’ai même pas l’esprit de sacrifice. Moi aussi j’ai envie de vivre heureux : j’ai un enfant, je fais au mieux, je donne au plus. Et surtout, j’essaie d’éveiller des consciences et laisser un petit bout de flamme de quelque chose qui me paraît très important en France : la révolte. On a besoin de révolte.

Propos recueillis par Laurent Lejard, janvier 2013.

 

Source : http://www.yanous.com/

 

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Assemblée générale de la SSMS

Posté le 16 novembre 2012

Cher(e)s camarade membre et sympathisant,

J’ai le plaisir de vous annoncer que la prochaine assemblée générale aura lieu le

24 novembre de 14h à 17h30
Au siège du Parti socialiste, salle Guidoni
2ème –Bat A, 10 rue Solférino 75007 Paris
Métro : Solférino ou Assemblée Nationale ou Musée d’Orsay

L’ordre du jour : 

– Allocution du Président
– Rapport moral au titre de l’exercice 2011/2012 et rapport d’activité 2011/2012
– Rapport financier 2011/2012 et budget Prévisionnel 2013
– Présentation des projets des activités 2012/2013
– Présentation des candidatures au Conseil d’Administration*
– Questions diverses

 

 Interprétariat assuré en Langue des Signes (LSF) 

 

*Je rappelle que conformément aux statuts :

– Pour voter, il faut être à jour de ses cotisations. Il est possible de payer sur place.
– Pour candidater au poste de secrétaire de section, il faut être membre du Parti socialiste depuis au moins deux ans et membre de la commission administrative au moins un an.

La commission administrative est élue pour trois ans.

Je t’invite à faire parvenir ta candidature à la commission administrative, si possible en précisant le poste ou la délégation souhaitée, par mail à : socialistes.sourds@gmail.com.

Ce sera l’occasion de fêter le beau bilan de la SSMS, le travail impressionnant des militant-e-s sourds et malentendants, la victoire de F.Hollande et des camarades députés.

Comptant sur ta présence, je te prie d’agréer, cher(e) Camarade,l’expression de mon amitié socialiste.

Raphaël Bouton

Secrétaire national