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Intervention de Pénélope Komitès à la Conférence sur la scolarisation des jeunes sourds de l’Unisda du 11 février 2012

Posté le 10 avril 2012

Intervention de Pénélope Komitès,à la Conférence sur la scolarisation des jeunes sourds de l’Unisda du 11 février 2012
Tribune politique avec Cédric Lorant, Président de l’Unisda et Pénélope Komitès.

- Cédric Lorant : Avant de commencer cette tribune politique, bien évidemment, nous avons fait appel à tous les secrétaires nationaux des différents partis politiques, à savoir l’UMP, les Verts, le Modem et le Parti socialiste. Aujourd’hui, nous recevons Pénélope Komitès pour le Parti socialiste, je vous laisserai vous présenter. Je vais poser des questions pour reprendre ce qui a été évoqué tout au long de cette journée, pour débattre sur quatre thématiques en particulier.

- Pénélope Komitès : Bonjour à tous, je suis très heureuse d’être avec vous. Je m’occupe, avec Hamou Bouakkaz, du versus handicap de la campagne de François Hollande. J’ai été, par le passé, de 2001 à 2008, adjointe au maire de Paris, Bertrand Delanoë, en charge des personnes en situation de handicap. Je me suis notamment attachée à mener un certain nombre d’actions en faveur des personnes sourdes ou malentendantes, notamment dans tout ce qui peut concerner l’accès au droit, en mettant notamment en place une permanence juridique pour les personnes sourdes ou une plate-forme d’accès au droit.

- Cédric Lorant : entrons dans le vif du sujet de la tribune. Ce matin, nous avons introduit cette conférence sur l’état des besoins des familles en matière de projets éducatifs, et notamment tournés de la dimension linguistique de cette éducation.
Nous sommes clairs au niveau des associations sur les différents modèles. En revanche, les 800 familles nouvellement concernées par la question de la surdité sont-elles en capacité d’appréhender ce qu’est la surdité, quels sont les différents projets éducatifs proposés par la loi de 2005, et quel est cet espace ? On a évoqué tout à l’heure le centre national ressources sur la surdité qui permettrait d’assurer ce lien.
Quelle est votre opinion sur cette question ?

- Pénélope Komitès : Je voudrais d’abord dire que chacun a le droit de vivre dans la société en étant lui-même. La société doit être un lieu d’émancipation, un lieu accueillant pour tous. Une des propositions du candidat François Hollande est de prendre en compte la dimension du handicap dans toutes les politiques. C’est la raison pour laquelle il a souhaité notamment mettre en place un haut commissariat à l’accessibilité qui soit chargé de mettre en œuvre toutes les réformes pour permettre à la France de rattraper le retard que notre pays a. Vous avez évoqué le centre national d’information sur la surdité. C’est vrai qu’il y a des centres dans un certain nombre de régions aujourd’hui, je ne veux pas polémiquer, mais ce sont des centres où les familles ne se retrouvent pas beaucoup. Quelque part, ces centres doivent être des espaces neutres qui doivent permettre d’accueillir toutes les familles, et les associations doivent y avoir leur place pour permettre aux parents de trouver différentes solutions. Aujourd’hui, on a des centres qui sont très centrés professionnels : professionnels du soin notamment, mais aussi du dépistage. Je pense que les familles ont besoin d’autre chose.
Effectivement, il faut une réflexion nationale sur l’accessibilité et sur les besoins. Je précise que je ne suis pas une adepte des fameux appels à projets mis en place par la loi hôpital-patient-santé-territoire, aujourd’hui pilotés par les ARS, parce que je trouve dommage qu’on soit dans une logique descendante, c’est-à-dire que les autorités établissent un projet et lancent des appels à projet auxquels des porteurs de projet doivent répondre. Je pense que les projets doivent partir de la base. Ces projets sur ce que doit être le centre national de la surdité devrait à la base être travaillé avec les associations, que les associations définissent leurs besoins et que les projets remontent, puis que ce soit le meilleur projet qui soit porté au final.
On a une différence de méthode sur la place laissée aux associations dans les politiques du handicap, et pas seulement dans les politiques du handicap.
Effectivement, on ne peut pas non plus limiter un centre national de la surdité uniquement sur un site web. Ça doit être beaucoup plus que ça, et ça doit permettre aux parents qui n’allaient pas suffisamment dans les centres de surdité existants de faire le choix le plus approprié pour leur enfant, pour le projet de vie de leur enfant.
Aujourd’hui, il faut mettre en place un centre national qui puisse permettre aux parents de faire en toute liberté le choix et le parcours d’autonomie qu’ils souhaitent pour leur enfant.

- Cédric Lorant : Donc après l’acquisition d’une information large, neutre sur la question de la surdité, la famille va faire un choix de mode d’éducation. Nous avons élaboré deux modèles : un modèle bilingue (langue des signes française et langue française) et un modèle axé sur la langue française, avec ou sans LPC.
Il y a effectivement un parcours qui est imaginé aujourd’hui avec l’élaboration d’un projet de vie auprès de la MDPH, mais concrètement, comment est-ce qu’on répond à ces demandes, ces projets ? Quelle est l’articulation entre ces demandes qui relèvent plus de l’accessibilité, l’accès au savoir qui est un des fondements de la loi de 2005 ?

- Pénélope Komitès : D’abord, tout le monde l’a dit depuis ce matin, il faut laisser aux parents la possibilité de choisir le mode de communication qu’ils souhaitent, et il faut que ce choix de communication soit respecté et soit possible sur toute la trajectoire de vie de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte, y compris dans l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, on a quand même un certain nombre de ruptures. La langue des signes est effectivement enseignée, mais pas suffisamment. Tout à l’heure, j’ai entendu qu’on allait dans d’autres départements ou d’autres régions. Il faut être prudent aussi là-dessus. Je pense qu’il y a un problème aujourd’hui avec les MDPH, c’est que… Aujourd’hui, l’Éducation nationale, pas de problèmes avec la langue des signes, même si les écoles bilingues devraient voir leur accélération, mais pour tout ce qui concerne le LPC, etc., on est encore sur de la compensation. L’Éducation nationale ne la prend pas en charge. Donc il y a une vraie problématique aujourd’hui, et il faut qu’on arrive à dépasser ce débat. Ça ne devrait pas être classé dans la compensation. On ne devrait pas, avec les MDPH, avoir ce parcours du combattant qui existait à la création des MDPH en 2006, on peut le comprendre, mais qui existe encore aujourd’hui. On se demande encore aujourd’hui qui va payer le codeur, si ça doit être l’inspection d’académie, si c’est un morceau de l’inspection d’académie, un morceau de la MDPH… Ce n’est plus possible. Il faut que l’Éducation nationale prenne ses responsabilités, de manière à ce que les familles ne soient pas livrées à aller chercher des financements à droite et à gauche, et que les codeurs ne soient plus uniquement vus comme de la compensation. Il faut qu’on arrive à des financements systématiques pour chacun, de la même manière que la langue des signes est aujourd’hui accessible à tous. Je le regrette, on est encore sur du bricolage à l’intérieur des MDPH. On est aussi sur du bricolage pour d’autres choses : aujourd’hui, on a des formulaires à la MDPH sur lesquels on indique un projet de vie pour l’enfant. Vous souhaitez quoi : la langue des signes, le LPC… ? Normalement, on devrait avoir une évaluation nationale des besoins des enfants, qui permettrait d’avoir une idée des moyens financiers qui seraient nécessaires à mettre en place.
Aujourd’hui, et malheureusement, les maisons départementales des personnes handicapées ont des systèmes informatiques qui souvent ne sont même pas connectés entre eux, entre les enfants et les adultes. Quant à imaginer que des MDPH se parlent entre elles au niveau informatique, c’est extrêmement compliqué. Il va falloir très rapidement avoir une évaluation extrêmement précise des besoins nationaux des enfants, adolescents et adultes, y compris dans l’enseignement supérieur.

- Cédric Lorant : Par rapport à cette évaluation des besoins, aujourd’hui, la réponse est l’organisation de l’offre à travers les PASS, pôles d’accompagnement sur la scolarisation des jeunes sourds. On voit bien qu’on met quelque chose en place pour faire une évaluation, mais on a été très désenchanté quand la circulaire PASS est apparue car il n’y avait aucune clarification sur les professionnels à mobiliser pour la scolarisation des jeunes sourds.
On évoquait ce matin le fait que, pour le parcours en langue française, tout tient du LPC, on n’avait que le terme codage. Je pense également que pour le parcours bilingue, il n’y avait aucune clarification sur les professionnels à mobiliser.
On arrive donc là sur la question de la formation de ces métiers. Quel est le positionnement de votre parti sur cette question ?

- Pénélope Komitès : Je reviens d’abord un instant sur la problématique des enseignants. Une des propositions du candidat est de revenir à une formation initiale de tous les enseignants, qui n’existe plus aujourd’hui, qui est extrêmement importante. J’ai été enseignante il y a plus de trente ans, j’aurais été assez déboussolée d’arriver dans une classe sans avoir bénéficié d’une formation. Le candidat s’est effectivement prononcé pour un retour à une formation des enseignants, qui me semble importante, de même qu’il s’est engagé, au regard du désengagement qu’a eu l’État ces dernières années sur le non-remplacement de fonctionnaires, il est revenu sur le nombre d’enseignants, en proposant de créer 60 000 nouveaux postes dans l’Éducation nationale, incluant des métiers dont certains seront bien évidemment mis à la disposition des enfants, des adolescents ou des adultes en situation de handicap.
Je pense que, en termes de formation et de filières, les associations et les parents ont eu un certain nombre de désillusions, puisqu’on nous avait annoncé un grand plan national auditif avec Mme Morano. Je n’ai pas vu beaucoup de mesures arriver en termes de propositions de formations. C’est un vrai sujet. Je crois qu’il faut se poser, avec les associations et les professionnels pour voir comment on peut développer de nouvelles formations professionnelles, y compris par l’apprentissage. Un intervenant a mentionné tout à l’heure ce que faisait le conseil régional d’Ile-de-France au niveau de l’apprentissage. Il y a des voies qui aujourd’hui n’ont pas été suffisamment sollicitées pour qu’on puisse développer des formations différentes. Je pense que, sur les problématiques de la formation professionnelle, de l’apprentissage sur ces nouveaux métiers, il est nécessaire d’avoir une conférence de consensus, de manière à définir conjointement les besoins, les nouveaux métiers, la manière dont ils seront mis en place, comment et par qui ils vont être développés. On en a besoin aujourd’hui, ça manque. Je regrette que ce plan n’ait abouti à quasiment rien.

- Cédric Lorant : Vous évoquiez la conférence de consensus, qui est une des mesures du plan handicap auditif, qui s’est bien déroulée mais sous un autre format, la conférence de concertation et de réflexion, qui effectivement n’a pas abouti à des mesures concrètes, qui étaient tant attendues par les associations.
Il y a également d’autres instances, telles que le Comité national consultatif sur l’éducation des jeunes sourds, où les associations ne sont pas présentes.
Comment pourrait-on imaginer que demain il y ait une coopération entre associations et institutions pour réfléchir ensemble sur la question de la scolarisation des jeunes sourds ? C’est une question qu’on se pose. Nous avons organisé cette journée justement pour rencontrer l’ensemble des acteurs.

- Pénélope Komitès : Je suis quelqu’un qui a toujours considéré que je ne pouvais pas me passer, notamment des professionnels, mais surtout des associations pour monter des politiques publiques, parce que je considère que les associations sont le moteur de la création de ces politiques publiques, elles sont souvent celles qui nous proposent, qui nous font avancer et qui nous ouvrent des possibilités. Je pense qu’il faut effectivement que les décisions qui seront prises dans le futur, sur le handicap auditif ou sur le handicap de manière générale, je n’imagine pas une seconde que ces politiques puissent se mettre en œuvre, se décider, s’imaginer sans que les associations soient partie prenante de ce processus, ça me semble une évidence.

- Cédric Lorant : Pour terminer cette tribune, et pour aller au-delà de la question de la scolarisation des jeunes sourds, l’UNISDA va publier prochainement la plate-forme de revendications pour l’ensemble des autres thématiques. On évoque notamment l’accessibilité du téléphone, l’insertion professionnelle, l’accessibilité des services publics. Toutes ces thématiques seront publiées sur notre site Internet. Je vous donne la plaquette, que vous avez également dans votre dossier.

- Pénélope Komitès : Je voudrais rappeler un engagement du candidat qui me semble essentielle : la nécessité de prendre en compte la problématique du handicap en amont. C’est-à-dire qu’on ne doit plus aujourd’hui imaginer une politique, quelle qu’elle soit, sans qu’on pense handicap et qu’on incorpore la problématique du handicap dans la loi, et qu’on la décline ensuite dans les décrets d’application, etc. Notre pays a un retard considérable en matière de handicap, à la différence d’un certain nombre d’autres pays, en particulier des pays nordiques, car on a toujours été incapable de penser en amont, et qu’on est toujours dans une politique de rattrapage.
Donc une des volontés du candidat est bien que la problématique du handicap soit pensée et déclinée à l’intérieur de chaque politique.
On peut rêver qu’un jour il n’existe plus dans les collectivités territoriales, que ce soit les conseils généraux ou les communes, de politiques qui s’occupent du handicap puisque normalement, chaque autre personne devra voir pensé chaque action en amont pour la décliner. C’est comme ça que travaillent les pays nordiques, et c’est cette révolution qu’il faut qu’on arrive à faire.

- Cédric Lorant : Merci. Cette plaquette sera également distribuée aux candidats à l’élection présidentielle, et nous prenons date pour d’autres rendez-vous pour animer le débat démocratique autour de la question de la surdité mais aussi d’autres thématiques.

- Pénélope Komitès : Je vous remercie beaucoup de m’avoir invitée, j’étais ravie de vous revoir. Je vous fais « bravo ».

Retour sur l’accessibilité de la campagne présidentielle

Posté le 27 mars 2012

Je souhaite réagir à l’analyse de l’accessibilité des campagnes par les associations dont l’UNISDA, et à de nombreux articles publiés récemment sur ce même thème en particulier à un très bon article d’un interprète Stéphan Barrère.

La lecture du dernier article cité, m’a incité à apporter des rectificatifs et des précisions mais surtout à « jeter » aussi un autre regard sur l’accessibilité d’une campagne électorale.

Les primaires du PS étaient accessibles notamment à l’Université d’été du PS comme pour ceux d’EELV, en LSF et par le biais de la Vélotypie. On peut également citer les deux meetings de Martine Aubry qui l’étaient également. Cela a été d’ailleurs signalé à InterpreteLSF.

Les primaires du PS n’étaient pas traduits en Langue des Signes Françaises (LSF) à la télévision malgré l’intervention respective du PS et de l’UNISDA. La Chaine n’a pas souhaité des interprètes. D’ailleurs, la loi ne l’y oblige pas alors que financé sur des fonds publics !. Cela va bien au delà de la bonne volonté d’un parti politique.

On peut regretter également que seuls deux débats ont été sous-titrés, bien évidement dans de mauvaises conditions, sur les 3.

On ne peut pas dire qu’il y a un couac à Rennes, car François Hollande souhaitait interrompre la campagne en raison des évènements à Toulouse et Montauban. Une situation normale qu’on peut comprendre. Quant à Ajaccio, c’est un meeting local, il n’était pas prévu qu’il soit accessible. Par conséquent, les organisateurs ne pouvaient pas avoir « oublié » les interprètes.

Il faut souligner de la difficulté d’insérer des interprètes en bas à droite de l’écran ou sur la scène, car les communicants qui maitrisent l’image du candidat refusent leurs présences. Il y a du travail à faire en ce sens et pas seulement dans les partis politiques… ! Je pense aussi aux caméramans qui évitent également les interprètes car cela les perturbent dans leurs viseurs… sic ! Une personne sourde s’en est d’ailleurs plainte sur ce sujet, sur un forum connu.

Analyser la campagne par le prisme d’une accessibilité rendue possible par les professionnels pour les seuls meetings et les émissions, est très réducteur en l’état. Il convient de prendre en compte, l’action des militants sourds et malentendants. Les professionnels ne sont pas les seuls ponts entre les deux communautés !

Le Parti Socialiste est le seul parti dont les militants sourds et malentendants font campagne sur le terrain pour un candidat. Pour ma part, j’ai rencontré une dizaine de sourds qui habitent dans ma ville soit par le biais des portes à portes ou de tractage. Les camarades de la SSMS en font autant. Cette démarche est tout aussi importante pour les citoyens sourds de pouvoir échanger avec leurs semblables dans leur langue. Je note d’ailleurs, une demande fortement croissante de nous rencontrer fur à mesure que l’échéance se rapproche.

C’est la deuxième fois, que les militants sourds socialistes traduisent en LSF, le projet présidentiel de leur candidat, mais c’est la première fois qu’un candidat l’insère directement sur son site.

Voici un exemple de clip de campagne réalisé par des militants sourds et une entendante, en LSF, et c’est une première qui mérite d’être signalée :


Les sourds s’engagent pour François Hollande par sourds_socialistes

La section des sourds et malentendants a organisé plusieurs réunions à destination des sourds et malentendants en France (départements 59, 24, 75 , …) en lecture labiale ou en langue des signes dont l’une aura eu lieu à Paris, le 5 avril 2012.

Nous espérons que le remboursement des frais de campagnes pour les candidats ayant dépassé 5% soit lié à un respect d’accessibilité de la campagne du candidat, et pas seulement par le biais de la télévision et des spots électoraux. La proposition de François Hollande « Pour que chaque loi comporte un volet sur le handicap » pourrait aller en ce sens.

Enfin, je souhaite terminer l’article sur un vœu qui est partagé par les sourds et malentendants socialistes, celui de l’inclusion pleine et entière des militants, à titre de cadres du parti, comme un signe de la diversité évidente du Parti Socialiste. Car l’accessibilité d’une campagne ne commence pas seulement par une accessibilité réalisée par des professionnels…

Raphael Bouton
Secrétaire national

Intervention de Pénélope Komites à la conférence de l’UNISDA

Posté le 18 février 2012

La Section des sourds et malentendants souhaite dénoncer le dérapage d’Handipop (UMP) qui dénonce une soit-disante position partisane d’une association représentative nationale à savoir l’UNISDA .

En effet, l’Unisda a souhaité ouvrir une tribune politique lors de sa dernière conférence sur le thème du « Respect du choix de la langue dans le parcours scolaire du jeune sourd » qui s’est tenu le 11 février dernier à Paris.

Seul, le Parti Socialiste a répondu positivement, par le biais de Pénélope Komites, chargée des questions sociales et du Handicap dans l’équipe de François Hollande.

L’intervention de Pénélope Komites a été remarquée. Elle a notamment soulevé les incohérences de la politique éducative des jeunes sourds mis en place par le gouvernement.

Penelopes Komites et Cedric Lorant

Tribune politique avec Pénélope Komitès et Cédric Lorant, président de l’UNISDA. (photo UNISDA)

Le courage à l’UMP, ce n’est pas ce que l’on croit ! Frédéric Bourscale se plait à annoncer que l’UMP a de grandes propositions pour le Handicap et dénonce l’absence de ceux de François Hollande.

On peut s’interroger sur l’absence de Frédéric Bourscale, secrétaire national de l’UMP délégué au Handicap pour défendre le bilan de la politique du handicap menée depuis 2005, en particulier sur l’éducation des jeunes sourds. Allons, encore un effort, M. Bourscale, un peu de courage et un peu moins de mépris pour les associations représentatives peut-être ?

Raphaël Bouton, Secrétaire national des sourds et malentendants socialistes

Communiqué de l’Unisda : les résultats ne sont pas au rendez-vous

Posté le 24 novembre 2010

Neuf mois après l’annonce du Plan gouvernemental 2010-2012 en direction des personnes sourdes ou malentendantes, l’Unisda et les associations représentatives restent très inquiètes sur sa mise en œuvre. En effet, sur les 52 mesures annoncées, seule 1 mesure a respecté le calendrier défini sur les 20 mesures à réaliser sur l’année 2010. Un premier Comité de Pilotage du suivi du plan Handicap Auditif s’est tenu le 10 novembre 2010 en présence du Secrétaire Général du CIH, Monsieur Thierry Dieuleveux, des ministères concernés ainsi que les associations représentatives, l’Unisda, l’AFIDEO, l’ALPC, l’ANPEDA, le BUCODES et le MDSF ainsi que la FNSF (Fédération Nationale des Sourds de France).
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Communiqué Unisda : Scolarisation des jeunes sourds : les nouvelles préoccupations de l’Education nationale

Posté le 12 octobre 2010

2005. La loi reconnaît la LSF comme une langue à part entière et l’obligation de son enseignement dans les classes de l’Education nationale. Elle prévoit la possibilité pour les personnes sourdes de recourir à un « dispositif de communication adapté » : interprétariat LSF, codage LPC ou transcription écrite. Elle énonce le principe du libre choix, pour les jeunes sourds et leur famille, entre une communication bilingue (LSF et langue française) ou en seule langue française.

La scolarité de chaque élève doit être définie dans le cadre d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) qui notifie les besoins spécifiques individuels.

2008. La CNSA propose de nouveaux formulaires d’enregistrement des demandes auprès des MDPH : dans le cadre du « projet de vie », les familles d’enfant sourd peuvent désormais faire état de leur choix linguistique entre le bilinguisme, la seule langue française ou la Langue française parlée complétée (LPC).

Les premiers textes relatifs à l’enseignement de la LSF paraissent (arrêté de juillet concernant l’école élémentaire) ainsi que les premiers « pôles ressources LSF ».

2009. Les textes complémentaires sur l’enseignement de la LSF au collège et au lycée paraissent.

Suite à la conférence nationale sur le handicap, le gouvernement présente son rapport au parlement relatif au bilan et aux orientations de la politique sur le handicap, en février. Afin « de prendre en compte les besoins particuliers des jeunes sourds, dans le respect de leur choix de mode de communication », il est prévu :
- une conférence de consensus avec les ministères concernés et les associations représentatives, dans le courant du premier trimestre ;
- des travaux pour « déterminer modalités et calendrier qui permettent de proposer aux élèves sourds des parcours scolaires en milieu ordinaire avec des codeurs LPC ou en classe bilingue LSF/français écrit ».

2010. La première session du CAPES-LSF est ouverte dans le cadre des concours de recrutement des professeurs de l’Education nationale. Ce diplôme autorise à enseigner la LSF. Parallèlement, les professeurs du 1er et 2ème degré compétents en LSF peuvent obtenir une « certification complémentaire » qui les autorise à enseigner en LSF.

Le plan gouvernemental « handicap auditif » de février propose deux mesures concernant la scolarité des jeunes sourds :
- mesure 15 : organisation en décembre 2010 de la conférence de consensus ;
- mesure 16 : « expérimenter dans trois académies, à la rentrée prochaine, la mise à disposition en classe ordinaire de codeurs en LPC mutualisés entre plusieurs élèves, en vue d’une généralisation future ».

En juin, une circulaire de l’Education nationale prévoit l’ouverture des pôles académiques « LSF » à tous les enfants sourds, quel que soit leur choix linguistique ; les pôles deviennent des « Pass » (Pôles d’accompagnement pour la scolarisation des élèves sourds). Ils s’appuient principalement sur la présence de médiateurs disposant d’une qualification en LSF (certification complémentaire pour l’enseignement en LSF), des heures supplémentaires d’enseignement du français et la formation au codage LPC des professeurs volontaires. Aucune disposition particulière d’accompagnement n’est prévue en classe pour les élèves non bilingues. L’utilisation des compétences des médiateurs pour l’enseignement en LSF n’est pas mentionnée.

Les entretiens menés avec les responsables du ministère de l’Education nationale, de juin à octobre, confirment les craintes de l’UNISDA :
- aucun moyen supplémentaire ne sera disponible ;
- la mesure 16 du plan ne sera pas appliquée.

Le regroupement des élèves sourds au sein de ces « Pass » ne se justifie donc aujourd’hui que par la présence :
- des professeurs titulaires du CAPES-LSF (soit 5 semble-t-il cette année) ;
- de médiateurs sans autre expérience de la surdité qu’une formation à la LSF, mais qui seraient missionnés pour d’autres tâches que l’enseignement en LSF ;
- de professeurs dotés de la « certification complémentaire » pour l’enseignement en LSF (mais dont les missions ne sont pas notifiées dans la circulaire).

Les associations membres de l’UNISDA et les associations participant à la préparation de la conférence de consensus au sein de l’UNISDA sont unanimement opposées au texte de la circulaire et en ont demandé le retrait.

Globalement, les associations demandent :
- la création de deux « Pass » par département, chacun des deux pôles devant être spécifiquement consacré à chacun des modes linguistiques retenus (bilinguisme ou langue française) ;
- un enseignement de la LSF et en LSF, avec présence de co-enseignants LSF dans les classes d’accueil ordinaires ou enseignement en LSF dans des classes spécifiques pour les uns ;
- l’accompagnement par des codeurs LPC dans les classes d’accueil pour les autres, lorsque ce mode de communication a été retenu par la famille et correspond aux besoins individuels des élèves ;
- dans tous les cas, une formation des professeurs d’accueil leur permettant de comprendre les spécificités de leurs élèves et d’adapter leur pédagogie, y compris en direction des jeunes sourds relevant de l’option « langue française sans LPC » ;
- le maintien d’une possibilité de scolarisation individuelle selon les modalités définies par le PPS de l’élève.

L’ensemble des accompagnements (LSF ou LPC) ne peut être dispensé par des personnels AVS, qui ne disposent ni des qualifications ni des diplômes requis pour couvrir ces besoins.

En l’absence de réalisations concrètes et significatives, les moyens actuellement disponibles doivent continuer d’être mobilisés (accompagnements en classe proposés par des services extérieurs, médico-sociaux ou associatifs). Les aides au financement individuel octroyées par les MDPH aux familles, en cas d’absence de réponse institutionnelle, doivent continuer d’être envisagées.

Le nouveau positionnement de l’Education nationale comporte en effet le grave risque d’entraîner des remises en cause et désengagements à ce niveau. Un premier cas vient d’être signalé : une CDA (Commission des Droits et de l’Autonomie) refuse la demande de complément d’AEEH (Allocation d’Education d’Enfants Handicapés) d’une famille, pour emploi d’un codeur LPC, au prétexte que l’Education nationale doit désormais apporter la réponse.

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